LE MUSÉE. — LES JAVANAIS
quefois des beaux salons, des salles de lecture où les principaux journaux et publications périodiques de l'Europe peuvent être lus. Une des choses les plus intéressantes qu'on puisse voir à Batavia est certainement le musée où se trouve une collection ethnographique exceptionnelle et presque complète, de toutes choses du pays. On y trouve des modèles réduits des maisons de Sumatra, des cases javanaises ou des Kampongs Malais, des barques de pèche et de tous les fdets et accessoires en usage parmi les indigènes ; enfin les instruments de musique de toutes sortes, depuis les bambous sonores des sauvages et les gongs divers jusqu'aux guitares et violons primitifs qui ressemblent d'ailleurs à ceux des Cambodgiens. Viennent ensuite dans d'autres salles les armes anciennes, criss malais et couteaux curieux, le trésor rempli d'objets d'or de grande valeur artistique, la salle des divinités en bronze ou en argent trouvées dans les différentes fouilles, les sculptures originales rapportées des ruines, les idoles et armes des sauvages de Bornéo ou de Sumatra, etc., toutes ces collections constituent un ensemble le plus attrayant du monde. Ce n'est pas en une seule visite qu'on peut tirer profit de cette intéressante réunion d'objets, on y remarque chaque jour quelque détail nouveau qui excite votre curiosité et vous fait mieux comprendre l'ancienne vie des premiers habitants du pays. Dire exactement l'origine du peuple javanais est aujourd'hui bien difficile; la population actuelle est fort mêlée. Les premiers habitants étaient des Malais presque autant que des Javanais, mais il y a toujours eu aussi depuis des siècles un grand nombre d'Hindous (les hommes légendaires comme on dit encore actuellement), de Chinois et d'Arabes dans le pays. C'est le Chinois, de même qu'au Cambodge, qui s'empare de tout le commerce ; par sa patience et son courage au travail il accapare tout et laisse bien loin derrière lui les quelques indigènes Javanais ou Malais qui voudraient lui faire concurrence. La race malaise se rencontre surtout le long du littoral et dans les villes principales, le Javanais réside de préférence au centre et vers l'est de l'île, tandis que le Sondanais, autre variante de la race malaise, vit plutôt dans les montagnes et dans la partie ouest. Aujourd'hui on compte à Java près de vingttrois millions de ces indigènes. Malais ou Javanais sont tous musulmans et tous très attentifs aux règles de leur religion mahométane. C'est la religion qui semble convenir le mieux à la population; les missionnaires Européens font, d'après le sentiment général, de vains efforts pour la changer. Le culte de Brahma existe encore, mais il se pratique en dehors de l'île de Java et seulement dans quelques localités éloignées de l'archipel. Les indigènes sont généralement cultivateurs, s'occupant surtout de leurs rizières qu'ils savent faire prospérer par leur