ASPECT DE BATAVIA
karta ce sont les tons indigo et feuille morte, à Solo, tout à fait à l'Est, les tons couleurs tabac d'Espagne sont les plus fréquents, etc.
On a inventé, il y a peu d'années, des moules avec des dessins tracés d'avance où l'on peut couler la cire liquide. Les ornements sont imprimés de cette façon et si l'on a soin de reporter symétriquement le nouvel instrument sur toute la surface du calicot, l'ouvrage est fait beaucoup plus rapidement. C'est un moyen très simplifié, mais le sarrong est beaucoup moins joli, n'étant plus fait par la main des ouvriers artistes qui savent toujours y mettre une fantaisie, un inattendu inimitables. Ce sont les industrieux Chinois qui emploient surtout ces moules où le dessin est reproduit mécaniquement, aussi leur sarrong est moins cher. Ceux que les indigènes aisés emploient le plus souvent, se vendent environ de S à 8 francs. Mais ceux que portent nos élégantes dames Européennes et qu'on fabrique pour elles, sont plus coûteux ; ils atteignent les prix de 30 à LiO francs et quelquefois plus.
La ville de Batavia semble pour les nouveaux venus un lieu de délices. Les rues n'existent pas, elles sont remplacées presque par de véritables allées de parcs ornées de beaux arbres, palmiers, figuiers multipliants, poincinias, etc. Des jardins remplis de fleurs et de plantes superbes au feuillage coloré comme il n'est permis d'en voir que clans ces régions tropicales, entourent généralement un gracieux pavillon ou une belle villa, et bordent ces magnifiques avenues. On envie les heureux propriétaires de chacun de ces séjours qui semblent enchanteurs, mais d'après ce que m'ont dit plusieurs colons européens avec lesquels j'étais entré en relation et qui habitaient Batavia depuis de longs mois, la vie n'y est pas aussi agréable qu'elle pourrait paraître. A la longue ces beaux jardins, ces jolies installations deviennent monotones, chacun reste chez soi craignant, comme dans les villes de province, les bavardages des voisins. 11 n'y a que fort peu de distractions au dehors, aussi l'existence y est-elle sans mouvement. J'ai peine à croire cette opinion de mes compatriotes, peut-être est-elle vraie pour des étrangers qui n'ont que peu de relations parmi les colons hollandais. Ceux-ci aiment la vie de famille, on pénètre difficilement chez eux, de même que dans la société anglaise, mais une fois les présentations faites, si vous êtes agréé par eux il en est certainement tout autrement, et les aimables hôtes ne manquent plus. Les Hollandais sont d'ailleurs fort aimables pour l'étranger qui vient passer quelques jours à Batavia. Les membres du cercle de l'Harmonie, l'un des plus beaux de la ville, accordent gracieusement au nouvel arrivant qu'on leur présente, une admission temporaire chez eux. Beconnaissant de cette faveur précieuse, j'allais jouir quel-