‹ Cambodge et JavaChapitre 66 sur 98 · ANCIENS PALAIS DES SULTANS · texte numérisé non relu

ANCIENS PALAIS DES SULTANS

sont d'ailleurs que relativement anciens. — Ce sont des bâtiments construits en briques, revêtus de stuc, presque partout dégradé ou tombé. Les jardins sont tristes. Séparés les uns des autres par d'anciennes murailles assez élevées, on doit les considérer plutôt comme des enclos dont l'ensemble est peu agréable. — Un grand bassin avec ses larges bordures dallées pouvait offrir un spectacle moins sévère, mais il est aussi séparé de tout par de hautes murailles. La vie ne devait pas être gaie dans ces demeures royales qui apparaissent plutôt comme étant le séjour de la monotonie. Les ruines existantes montrent cependant combien elles devaient être luxueuses et superbement décorées. La surface occupée par tous les jardins et pavillons séparés est considérable.

Les rues du bazar indigène sont amusantes à parcourir. On ne peut s'empêcher d'entrer dans le plus grand nombre des petites boutiques, occupées par les marchands de criss malais qui vous en exhibent de tous les genres. Djogdjakarta est resté célèbre pour ces armes originales, mais aujourd'hui il est difficile de trouver un spécimen intéressant de ces curieux couteaux à lame flamboyante et au manche sculpté avec une fantaisie pleine d'imprévu. Depuis longtemps les Européens ont remarqué ces criss malais, les voyageurs en achètent toujours dans le but de rapporter un souvenir qui ornera leur collection. Un grand nombre de ces couteaux ont disparu ainsi à jamais du marché, surtout les anciens, qu'on trouvait encore il y a quelques années. Il faut chercher longtemps maintenant pour en avoir un qui soit intéressant. Les nouveaux criss fabriqués n'ont plus le même caractère que ceux d'autrefois et sont trop grossiers clans leur exécution pour qu'on ait le désir d'en acquérir un seul. Je rentre à l'hôtel en passant par différentes belles allées de la ville. Nous sommes arrêtés dans l'avenue principale par une foule considérable qui se pressait devant une maison afin d'entendre une musique d'un rythme très accentué. Nous demandons de quoi il s'agit : c'est une représentation de Wajangs; on joue l'ouverture, nous dit-on.

Le peuple javanais n'a pas beaucoup de distraction dans son beau pays, aussi est-il heureux des spectacles que lui donnent lesTopengs dont j'ai parlé plus haut, et à leur défaut il se réjouit presque autant à la vue des marionnettes qu'on désigne sous le nom de Wajangs, qui ne sont pour ainsi dire que des ombres, offrant une grande analogie avec nos ombres chinoises. Les grandes représentations des Wajangs ont lieu souvent dans un local spécial. On dispose une longue toile tendue sur un châssis, les ombres des marionnettes éclairées d'un côté par une lampe, s'y détacheront de l'autre en silhouette. Celui qui fait mouvoir ces poupées et qui déclame les paroles que les acteurs de papier semblent prononcer, se nomme un

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