MELBOURNE
de le suivre toute une matinée pour l'aider dans sa chasse. La difficulté est de trouver ces animaux ; leur couleur se confond aisément avec celles des branches d'eucalyptus, et comme leur corps n'est pas beaucoup plus gros que celui d'un petit mouton, il faut de bons yeux pour le découvrir au travers du feuillage. J'en aperçus plusieurs que mon compagnon ne voyait pas. Le koala est lourd et sa démarche est lente sur les hautes branches, aussi n'est-il pas nécessaire d'être un habile tireur pour le tuer. On a le temps de le viser tranquillement et le pauvre animal vient tomber mort à vos pieds. Notre chasse fut assez fructueuse, mon compagnon australien en eut six, sans compter les nombreux perroquets au plumage rouge, vert et bleu, qu'il tuait pour s'amuser. Pour faire une belle couverture, il faut avoir plus de quinze ours australiens, c'est un véritable massacre, aussi ces pauvres animaux ne tarderont-ils pas à disparaître complètement, tant ils sont à la mode dans le pays.
De Sydney à Melbourne, capitale de la province de Victoria, et jusqu'à Adélaïde dans le South Australia, le parcours en chemin de fer est presque toujours de même aspect : paysage plat et monotone. Melbourne, qui commençait à naître en 1842, est aujourd'hui une ville qui prend de jour en jour plus d'importance,
son commerce y est aussi actif qu'à Sydney etàce point de vue elle est bien sa rivale, mais pour le reste on ne saurait la comparer. La province de Victoria y compris Melbourne contient 490 000 habitants, tandis que le New South Wales avec Sydney en possède 380 8(30. Elle est donc plus habitée, cependant sa capitale est loin d'être aussi agréable et aussi pittoresque que Sydney. Ses rues larges sont généralement tristes et ennuyeuses à parcourir, sauf cependant la grande avenue principale [Bourke streei) où tout le mouvement industriel de la ville se trouve concentré. La CollirCs street est la plus renommée pour ses maisons hautes de six et huit étages, toutes pareilles à des palais surchargés de motifs étranges, extraordinaires par la richesse des matériaux employés. Leur architecture,
Le Kuala cendré ou « Native Bear »