LX CHAPELLE ARDENTE
Le Hô-préas-Thamma-sàiigvék mesure 27 mètres de longueur et 1 1 mètres de largeur, la hauteur de la salle, du sol au plafond, est de 9 mètres ^o. Le Hô-préasthomma-sângvék est partagé dans le sens de sa longueur en deux parties par une cloison de bois découpé. La partie intérieure (celle de rOuesl)est réservée aux dames de la famille, à leurs suivantes et aux femmes du palais. L'autre partie, [celle de l'Est qui ouvre sur le Jardin des Fleurs par une grande porte centrale devant laquelle se Irouve une verrine, et par deux portes latérales] est [la salle de veille] réservée aux princes royaux, aux religieux, *.inx dignitaires [et aux gardiens].
LK CATAKALUIJI-:
Le Préas-maha-banhclia 12) ou catafalque a la forme d'une tourelle carrée dont la largeur à la base mesure \ "' 5o et dont la hauteur est de 5 ° 4o- I* <'ompte neuf étages (3) [d'autant plus petits en surface qu'ils sont plus hauts (4)]. H est [orné] de bois sculpté sur lequel on a plaqué de l'or en feuilles épaisses d'un poids de '2. 200 damlœng, le damlœng d'or valant 4^ piastres {^).
Le Préas-souanna-kotha doré (ou urne funéraire) mesure 80 centimètres à son socle et sa hauteur est de 1 '" 3o. Son couvercle, en forme de mokot (s, p. mokuta) surmonté d'une flèche [haute de 5o centimètres], mesure i ■ 70. La hauteur lotale de l'urne est de 3 mètres. — Elle est recouverte de lames d'or pur pesant 3oo damlœng, l'or valant m piash'es (6).
Le [vase ou] lat placé à TintéritMir rie [l'urne on) Préas-sovanna-hotlm esl lait d'argent fin, mais doré.
(1) Voy. plus haut chapitre 111, paragraphe lu.
(2) Voy. le chapitre Vi.
(3) 11 ne comptait que sept étages.
(^4) Voy. (chapitre VI) la description de ce catafalque.
l^) Soit 825 kilogrammes d'or, valant 9(>.8oo piastres un *.\f.M(m iram-s.
(t)) Soi! 117 kilogr. .')(»» d'or, \;ihiiil i8.5«o piastres un \^r}Am Iraïiis.
Le catafalque, au somme! duquel est exposée l'urne funéraire, est surmonté d'un préas-moha'Svay-trâchhatr [ou parasol blanc à neuf étages]. Au-dessus, tout en haut, se trouve le ciel ou phidan fait de cotonnade blanche ; on y a suspendu de:- (leurs de champa et d'obek [ou nénuphar en clinquant].
Il y a un préas-phusa-yong orné de bandes d'or qui, au côté Est, descend [de Turne] sur un plateau à pied en or ; c'est celui du saint et miséricordieux maître de la vie qui est au-dessus des têtes (le roi actuel). — 11 y en a un autre au Sud qui descend dans un plateau également à pied et en or ; c'est celui des princes membres de la famille royale et des alliés de cette famille, des ministres et des dignitaires. — Il y en a un autre encore au Nord pour les membres de la famille royale et les alliés et les dames du palais qui veulent faire procéder au bàngskaul. - A l'Ouest, il n'y a pas de phusa-yông parce que ce côté est réservé pour les oflraiides et les libations en l'honneur du saint el éminent cadavre. C'est de ce côté que se rassemblent tous^ les serviteurs et les gens du service royal qui viennent pour pleurer au cours des veilles avec les membres de la famille, le sdach mèakh [ou roi du mois de Méakj.
Sur les faces du préas-maha-banhcha ou catafalque sont placés les aphirum^ qui sont des parasols à plusieurs étages, les chammar-baymun^sên-téan de couleurs (liflFérentes (ce sont des sortes d'écrans répandus en £(rand nombre à tous les étages du catafalque et qui conslituent un ensemble d'ornements assez gracieux. Sur chaque face du calafalqiu*, on a phicé deux dang-tong-roup-hàngs (c'est-à-dire deux mâts «le pavillons surmontés dn cygne mythologique en bois doré) doni les drapeaux sont (le trois couleurs.
LKS (:krkmomk>
l<e docutneiil que je liaduis donne ensuite ror'gauisation des céréiaonies qui ont été suivies depuis la mort du roi ju^iqu';l la fête de rincinération. — J'ai inséré plus haut, au chapitre V, l'arrêté ro\ al ordonnant ces cérémonies, mais comme les détails que je trouve ici viennent compléter ceux de l'arrêté, je crois qu'il est utile de le publier.
Les cérémonies (pithi-bnng, du pâli pili-pnnyo, sacrifice, libation) el les ottrandes eîi faveur du sainl el éminen! corps qui est dans le Ilô-préas-Thamma-sàngvék furent les suivantes :
I*' i(> religieux priaient consUnnment, jour et nuit;
•i" à 7 heures du matin, 70 femmes autant que le roi avait d'années quand il est mort, venaient devant l'urne sainte et pleuraient une veille ; 30 A 9 heures du matin, \6 religieux venaient réciter les lamentations (dar, du pâli
dàro) ;
4<> A 10 heures du matin, avait lieu la distribution des aliments aux 16 religieux cidessus dits ;
V» A 1 1 heures dn malin, les daines du j.alais venaieiil fdlrir des vivres au roi
défuni :
6o A midi, paraissaient les pi eureuses pour une veille ;
70 A a heures du soir, un religieux lisait un livre sacré en présence de quatre autres religieux ;
8» A 5 heures du soir, 100 religieux venaient (aire le bàngskaiil ou pokarana ; 9^ A 6 heures du soir, paraissait un nouveau groupe de pleureuses pour une veille; lo» Ce groupe était relevé à minuit par un autre groupe de pleureuses.
Les gens du service royal demeuraient nuil et jour dans le Hô-préas-Thommasàngvék.
i« Les membres et les alliés de la tamille royale, princes et princesses, venaient dire les louanges du roi défunt, procéder à la dislribution des aliments aux religieux, et entendre la lecture de la Loi faite en sa faveur ;
'>.*^' Les snôm-dùmruot et les snôm-pol-rieun (les ensevelisseur-s (*t les gardiens ensevelisseurs) chargés de la garde de la sîiinte urne d*or, étaient chargés de veiller sur le préas-phlœung-kêlas (ou feu sacré du Kailasa, la montagne de Çiva). Ce feu, conservé dans une lanterne déposée sur une table placée (à TEst et) devant le catafalque, avait été obtenu du soleil à Taide d'une loupe afin qu'il fut pur au moment de la mort du roi. — Il est constamment surveillé afin qu'il ne s'éteigne pas et puisse servir à allumer le bûcher sur lequel sera placé le saint et éminent corps ;
3® Les màlàphousa, chargés de la garde des étoiles déposèrent des étoffes sur deux plateaux en or placés au Nord du catafalque ;
î® Les maha-lek ou porteurs de la lance dite thiion déposèrent leurs armes an >'ord, à l'endroit où sont rangés les crachoirs et les vases d'eau ;
> Les maha-lék ànhchœung-krœung sont chargés de la garde des bijoux et des pierres précieuses du roi défunt. - Ces objets sont déposés dans un vase d'or placé sur une table au (pied) Nord du catafalque, entre des cierges et des bâtonnets odoriférants qui brûlent en l'honneur de la statue du Buddha qui est (au milieu du plateau), sur la table ;
6« Les pandits (ou lettrés) sont chargés de la garde de la statue du liuddha qu'on a placée sur une autre table à l'Est du catafalque ;
7" Le Sângkhrey est chargé d'inviter les religieux à dire les silas et de veiller i\ re que les cérémonies religieuses soient célébrées ;
8® Les bakou-borohœt (ou brahmanes chapelains) sont chargés de soufïler dans les conques pendant les pleurs des veilles et quand le Roi vient |au Hô-préas-Thommosângvék], en sort ou y entre -,
9*> Les musiciens du klang-chhnak (ou tambourins) sont chargés de jouer pendant les heures de la veillée et des pleurs ;
lo*» Les musiciens du piphat ou flageolets sont chargés de jouer à l'arrivée et au départ des religieux, pendant qu'ils prennent leur repas et quand le roi entre ou sort de la salle ;
1 1® Les étendéurs du lapis royal (Ara/) ou chhar-vithi, sont chargés d'étendre les lapis, les nattes, les rideaux, d'allumer les cierges pour les cortèges ou pcnir le roi e( les gens du service royal :
12^ Les porteurs d'eau de thé sont chargés d'ofl'rir le thé aux religieux.
i3« Les Kromovéang ou gardes des princesses sont chargés de veiller à ce que It* service du bétel et des cigarettes offerts aux religieux par les femmes du palais $»oit bien fait.
i4*' Les riœun-luong ou préas réach-montir (gens du roi ou de la salle des audiences) sont chargés de faire placer les dignitaires chacun à leur rang, selon leurs grades, et de veiller à ce que les présents et les absents soient notés.
i5" Les réaksa-srok (ou gardes du pays) sont chargés de porter les armes à la porte de la salle.
iG*» Les montrey-réachéa-kar (ou directeur des services) sont chargés de fournir à tour de rôle dix hommes qui prennent la garde tous les soirs.
i7« Les sdach et sèna-botdey (les princes et les ministres) et tous les autres dignitaires (namœiin) viennent tous les jours saints se prosterner et saluer le saint el éminent corps tous les jours saints (thngay-sœl) à 5 heures et demie du soir (i).