‹ Cambodge: la crémation et les rites funérairesChapitre 3 sur 35 · DERNIÈRES INSTRUCTIONS DU BUDDHA RELATIVES A SES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

DERNIÈRES INSTRUCTIONS DU BUDDHA RELATIVES A SES FUNÉRAILLES

Au cours de Tavant dernière conversation qu'il eut avec le Buddha, Ânanda lui demanda de quelle façon les moines devraient traiter le corps duTathâgata après sa mort.

« Ânont (i), répondit le Saint, ne soyez pas ainsi préoccupé de ce qu'on fera de moi après mon entrée au Nipéan (^i) ; mêlez-vous plutôt de pratiquer les vertus, d'accomplir les bonnes œuvres qui y conduisent, car toutes les choses de cette vie passent et celles du Nipéan seules ne passent pas. Les gens riches pourvoiront à mes funérailles et seront heureux de veiller à ce qu'elles soient faites convenablement ».

Ânanda insiste en disant : « Maitre, ils viendront à moi, sans aucun doute, me demander ce qu'il conviendra de faire et je ne saurai pas ce que je devrai répondre ».

Alors le maitre dit : « Anont, les honneurs qu'on rendra au Dathakot (3) seront ceux gu'on rend aux souverains chakrapot (cakrauartin) (4). Quand un roi suzerain meurt, voici ce que l'on fait : On enveloppe son corps dans une fine toile de kosi (^), toute neuve, on l'entoure d'une petite épaisseur de coton vierge, on l'enveloppe dans une seconde toile de kosi, puis on répète cinq cents fois cette opération. Le corps étant ainsi enseveli, on le place dans une bière ouverte, recouverte d'une plaque d'or fin, puis on verse dans cette bière de l'huile de bois parfumée jusqu'à ce que toutes les toiles et le coton soient bien imprégnés. Enfin on ferme la bière avec un couvercle également plaqué d'or, puis on le place sur un bûcher de bois de santal et on y met le feu. C'est ainsi, Ânont, qu'il faudra procéder quand je serai

(!) Forme cuiiibodgienne du sanscrit-pàli Ananda, (2} Forme cambodgienne du pâli nibbàna, le nirvana.

(5) Forme cambodgienne du sanscrit-pâli tathâgata, celui qui vient comme sont venus les autres.

(4) Le c sanscrit ou pâli se prononce tch.

(5) Ou de Kusinârâ, ville de l'Inde ancienne, célèbre par ses étoffes, disent les Cambodgiens.

entré dans le Nipéan parce qu'un roi-chakrapotet un buddha doivent être incinérés de la même manière. — Plus tard quatre sortes de gens devront être incinérés ainsi : i<> Les buddhas ; :2» les semi-buddhas ; 3^ les religieux ; et 4'' ies rois.

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