SCÈNE IX
CAMILLA, WILLTAM.
Ah ! que je souffre! . . . que je suis malheureuse ! . . . il
s'éloigne, et sans moi. . et fâché contre moi . . (Allant
regarder à la porte à droite.) Ils sont partis !. . . (,/ IV illiain.)
Donne vite. . . et attends la réponse. . . [IVilliam sort.)
(Redescendant au bord du théâtre, et lisant la lettre.)
« Ma chère sœur je suis perdu. Lord Melmoud
» ne peut plus me rendre mes deux cents guinées.. . vu » que ce matin , en sortant du jeu , ce pauvre garçon a eu » le peu de délicatesse de se brûler la cervelle.
Ah mon Dieu !
■ D'un autre côté. ... je reçois à l'instant une lettre de
' l'rtiiy, lndiana, mistriss Carington , Edward, Camilla.
» l'officier-payeur qui, ce soir, viendra prendre les fonds » que je devais avoir en caisse. . . Tu sens bien que s'il » ne les y trouve pas. . . je n'ai plus qu'un parti. . . c'est » de suivre l'exemple de Melmoud !
Ah ! le malheureux ! . . . '
» Ou d'épouser la duchesse douairière qui m'adore. .. . » mais le premier parti serait encore plus agréable... En » tous cas. . . je t'écris à la bâle, axant de me mettre à » table. . . car je ne peux manquer ni à mes amis. . . ni » au déjeuner qu'ils me donnent; et après... mais sois
» tranquille , je ne partirai pas. . . sans t'embrasser
»> Ton frère ,
» Lionel. »
J'en suis toute tremblante- . . car il le fera comme il le dit. .. et comment le sauver?. . . comment lui trouver à l'instant deux cents guinées. . . {Avec résolution.) Je dirai tout à Edgard. . . {S 'arrêtant.) Mais son avenir, son mariage, tout sera perdu... et s'il y avait quelque autre moyeu... Malheureusement, Lionel n'a plus rien, tout son patrimoine a été vendu. . . engagé à cet usurier. . . à ce M. Dubster.... et mon pauvre frère est tout -à-fait ruiné. . . . (Avec joie.) Mais moi je ne le suis pas. ... et si ce M. Dubster voulait aussi, aux mêmes conditions, me prêter. . . me prendre tout mon bien. . . Oh non !. . . à moi, une demoiselle, il ne voudra pas. .. il ne ruine que les jeunes gens. . .. N'importe, essayons. . . Je sais son adresse, puisque dernièrement encore, je lui ai envoyé pour Lionel ces trente livres sterling.
WILLIAM, rentrant.
Eh bien , mademoiselle ?
Attends, William. . . attends un instant. . .
WILLIAM , qui s'est assis ou fond dans on fauteuil. Oui, mademoiselle. . . tant que vous voudrez!. . .
CAMILLA , à In table , écrivant.
« Mon bon monsieur Dubster. . . j'ai besoin à l'instant . . . » mais je dis à l'instant même, de deux cents guinées.. . » je ne sais pas comment il faut faire. . . car je vous ré- » ponds bien que c'est la première fois que cela m'arrive. » Mais je vous donnerai pour garantie, ma parole, à la-
» quelle je n'ai jamais manqué, et puis, si vous voulez » bien le permettre, un petit domaine, de mille livres ster- » ling qui est ma seule fortune, et que je vous prie de vou- » loir prendre. Je vous le demande au nom de mon frère m Lionel , votre ancien ami , à qui vous avez déjà rendu ce » service là. Daignez en faire autant pour moi , et. croyez , » mon bon monsieur Duhster, à l'éternelle reconnaissance » de toute la famille. Votre, etc., etc. Camilla. »
(A William.) Tiens, William porte à l'instant ce
billet à son adresse .. . et dis bien que j'attends la réponse
sur-le-champ. ... et avec impatience
WILLIAM
Oui , mademoiselle ... j'y vais. . . ( Il sort par le fond. )