‹ Camilla; ou, La soeur et le frère, comédie-vaudeville en un acteChapitre 18 sur 32 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

EDGARD, CAM1LLA.

EDGARD , J> oidement et avec ironie.

11 est fâcheux que vos occupations... ou vos visites soient si nombreuses , qu'un ancien ami soit obligé de vous demander une audience qu'il n'obtient encore qu'avec peine !

Ah ! vous ne m'avez jamais parlé ainsi. . .

EDGARD , avec chaleur.

Devez- vous en être étonnée!. . . et n'ai-je pas le droit d'être offensé, moi dont la confiance , peut-être , eût dû mériter la vôtre ; mais loin de là , vous n'avez répondu à ma franchise que par la dissimulation.

CAHULA.

Monsieur ! . . .

EDGARD

Je n'accuse point sans preuve... les faits parlent d'euxmêmes. . . pourquoi ne pas m avoir avoué que vous refusiez d'aller au bal pour attendre ici, pour recevoir le baronnet? J'aurais pu vous dire ce que je pensais d'une telle démarche. . . mais je n'en aurais pas été blessé. . . Maîtresse de votre cœur et de votre main , peu m'importe qui vous préfériez... votre choix m'est indifférent... mais votre réputation. . . voire honneur ne me le sont pas . . . ils appartiennent aussi à vos amis... vous l'avez oublié un instant ; cl voilà ce dont je me plains.

Ah ! Edgard I. . . tant de douceur. . . tant de bontés , quand vous croyez avoir à me blâmer. . . EDGARD.

Quand je crois!. . . n'ai-je pas vu le baronnet ici à vos pieds ? . . .

Et si c'était malgré moi ; sans mon consentement ?. . . . Si je n'avais pu l'empêcher?

EDGARD

Que dites-vous ? ...

Que je ne l'attendais pas... que je ne savais pas qu'il viendrait.. . je vous le jure...

Et comment alors se fait-il

Ecoutez , Edgard : je suis bien malheureuse... car je voudrais et ne puis vous dire ce que je souffre... je puis être coupable de légèreté, d'iraprodeiice«.. mais jamais de fausseté... s^il en était ainsi , punissez-moi par le plus terrible des châlimens. . par la perle de votre amitié. . . j'y consens. . . mais d'ici là ne m'accusez pas. . . et plaignez-moi. . . d'avoir un secret pour vous... \aoec tendresse), pour vous , à qui je voudrais confier tous les miens. . . EDGARD.

Je ne puis vous comprendre . . .

CAMILLV.

Je le sais. . . et c'est ce qui me désole. . .

EDGARD

N'importe. . . je ferai ce que vous me demandez. . . j'attendrai encore pour vous juger. . . Un mot seulement.. .

Lequel ?

EDGARD

Aimez vous quelqu'un?

CAMILLA, embarrassée.

Pourquoi me demandez- vous cela ?

EDGARD

Vous m'avez promis de la franchise. . .

CAMILLA, le regardant tendrement.

Eh bien ! Edgard. . . je vous jure que je n'aime point le baronnet. . . que je ne lui ai rien promis, el que maintenant... [Avec joie.) Oh! oui, maintenant . . je n'aurai plus avec lui aucunes relations. . . Me croyez-vous?

EDGARD , vivement.

Oui, je vous crois... plus encore que ma raison... je vous crois. . . parce que vous le dites et ne veux point d'autre témoignage... On est trop malheureux de se défier de ce quron aime. . . Aussi je ne vous demande plus rien. . . Etes-vous contente , Camilla ? . . .

Ah ! . . . plus que je ne peux dire. . . et, si vous saviez ce qui se passe. . . là. . . dans mon cœur. . .

EDGARD, lui prenant la main.

Mon amie!- . . ma sœur!... mais désormais, et excepté

cette affaire qui a rapport au baronnet.. . plus de secret

plus de mystère. . . confiance toute entière. . .

C A Mil. LA , solennellement.

Je vous le promets. . . ( Se reprenant. ) Oh non. . . avec vous je n'ai plus besoin de serment. . . Vous me croyez , n'est-ce pas ?. . .

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