‹ Camille SpiessChapitre 14 sur 43 · I. Eue Homo · texte numérisé non relu

I. Eue Homo

SA VIE, SON CARACTÈRE ET SA PENSEE ^l

11 est arrivé au point où l'œuvre personnelle à fonder exige de l'homme toutes ses énergies. Moment précieux. L'être humain, dit Barbey d'Aurevilly, double le cap périlleux où la jeunesse s'effondre, on rage mûr appa» raît, grave et chargé de responsabilité, — la vocation s'éclaire, se précise, se définit,

11 s'en va par les chemins solitaires c< où l'on ne rencontre personne », il s'éloigne du troupeau qui broute l'herbe sèche de la morale, car, dit Nietzsche, si le plus haut degré de puissance et de splendeur du type homme y possible en lui-même, n'a jamais été atteint, la faute en est à la morale (i) qui hait le genre humain, méprise « l'homme en soi » et nie le libre arbitre, — qui empêche l'arbre de pousser et l'homme de créer.

Toutes les grandes choses qui ont été faites par V humanité antique, dit Nietzsche, trouvaient leur force dans le fait que V homme se trouvait à côté de V homme et il ajoute : Peutêtre nos arbres ne poussent-ils pas si haut à

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