DE M. JOSEPH RIVIÈRE
ATaine, M. Camille Spiess oppose l'idée gobinienne de la race aryano-germanique, qui est la race supérieure et dont la culture doit prédominer sur les races métisses ou indo-européennes, qui sont des races d'esclaves.
Avec une intelligente passion, M. Camille Spiess a étudié l'idée nietzschéenne du surhomme, qui est la culture généreuse de l'esprit humain, et non l'apologie de la force barbare, comme le prétendent les Louis Bertrand et les Bcaunier de nos ignares universités...
On peut ne pas partager toutes les idées dç
M. Camille Spiess, mais les esprits cultivés et curieux des controverses philosophiques liront avec intérêt hnpérialismes.
{Soi-Mêms, mai 191 7).
Spiess donne au problème de l'amour platonique une solution sexuelle ou bio-psychique, en faisant une distinction absolue entre la génialité, la «bisexualité asexuelle ou bio-psychique (uranienne) et la sexualité, aussi bien l'hétérosexualité «psycho-sexuelle ou hybride » des métis ou des Juifs, — des déséquilibrés que « l'homosexualité » unisexuelle, tout à ûiit sexuelle des dégénérés.
L'auteur àlmpcrialismes se recommande de luimême. Amour platonique et Sexualité, mérite la plus profonde attention et la plus entière sympathie de tous ceux qui ignorent que l'amour unique et platonique, « linstinct hellénique » et antique, qui n'est pas sexuel, sémitique, romantique ni mystique, et sans lequel il n'y a pas de sagesse véritable, d'Humanité ni d'Amitié, est la connaissance de soi-même, la Philosophie véritable, la Science unique de Tobjectivité subjective {Soi, moi du x\on-moi), qui est la Mythologie, toute la Biologie, toute la Psychologie ou la Bio-psychologie de Spiess (ethno-mytho-bio-psycho-sexologie).
{Soi- Même, octobre 191 7).
DE M. DE CANDElJlL:
M. Camille Spiess nous expose la conception philosophique de l'impérialisme, ce ressort éternel de ï activité des êtres, dit M. Seillière, cette augmentation du moi social, cette tendance fondamentale de l'être vers sa réalisation souveraine, vers l'autocratie aristocratique ou l'autonomie naturelle, qui n'est autre que « l'immoralisme » nietzschéen de la Volonté de Puissance et que l'auteur appelle lui-même le « Gai Pouvoir ».
Cet impérialisme véritable, qui n'est pas « factice, fictif, naïf et brutal » comme la barbarie mentale et sentimentale de l'impérialisme dégénéré, romantique, politique et démocratique, ce stoïcisme aryen, qui est l'ascétisme ou l'aristocratisme gobinien, peut se formuler par ces aphorismes nietzschéens: Le plus beau des spectacles est celui de la force qu'un génie déploie non pour des œuvres, mais sur soi-même en tant qu' œuvre.
Les grandes natures morales naissent dans les temps de dissolution . Ce sont les restricteurs d^ euxmêmes, les orgueilleux, les caractères de gouvernement (ceux que la destinée appelle à dominer sur les autres par droit de naissance, par fatalité ethnique, par la loi de nature) qui, dans un monde nouveau, n'ont plus trouvé à dominer autre chose qu'eux-mêmes.
Je pense, dit Gobineau dans les Pléiades, que rhonnête homme, l'homme qui se sent une âme, a plus que jamais le devoir impérieux de se replier sur lui-même, et, ne pouvant sauver les autres, de travaillera s'améliorer.
Ou concentre-toi, ou meurt, dit Michelet.
Tout ce que la Société, le «troupeau » perd ne disparaît pas mais se réfugie dans l'individu pour en faire un homme, l'homme du genre humain ou \e génie de l'individu qui aime en donnant son humanité (le Père ou le Fils de l'Homme), ou son amitié, sans renoncer à soi (i) sans sacrifier sa fatalité ou sa génialité, qui est la sagesse, la culture ou la noblesse véritable.
La plus grande chose du monde, dit Montaigne, est de savoir être soi.
Ce qu'il y a déplus rare che^ un homme, dit Emerson, cest un geste qui soit de lui, c'est l'originalité de la pensée ou l'éclair créateur du génie que suit en grondant, mais avec obéissance le long tonnerre de V Action héroïque, philosophique et antisémitique, qui est la sincérité...
C'est l'impérialisme (pureté ou la puissance ethno-psycho sexuelle plus ou moins grande) qui
I. Que Spiess oppose au renoncement ve'iiéiien et chrétien, au sacrifice « charnel, temporel, rituel, manuel, maternel et criminel », qui est celui du prince Myschkyne de l'Idiot de Dosloïewsky, que j'oppose au sacritice spirituel de Polycrate ou de Casimir BuUet des FUÏades de Gobineau.
8o CAMILLE SPIESS
crée l'inégalité des races et des hommes. En se basant sur la conception gobinienne ou psychique delà Race, M. Spiess nous montre qu'il existe au point de vue ethnopsycho-sexuel deux sortes d'impérialismes : celui des hommes sages et cultivés, des Aryas, des nobles, — «fils de roi » — des non-juifs par droit de naissance, des souverains véritables, des puissants, dont la race est pure, et celui des métis, des impuissants, des hommes savants et civilisés, des non-nobles, des Juifs par fatalité ethnique, des drôles, des démocrates et des esclaves...
L'auteur voit dans la Kultur (organisation politique, automatisme scientifique) un crime de lèseculture, de lèse-sang et dans l'impérialisme métis de l'Allemagne contemporaine les symptômes les plus évidents de la dégénérescence de l'impérialisme véritable de l'aristocratie aryano hellénogermano-franque, dont le comte de Gobineau a fait l'apologie.
L'aryanisme gobinien nous enseigne que l'humanité dégénère par le métissage, en s'abâtardissant par le croisement des races, et que ni la musique (Wagner), ni les idées (R. Rolland), ni l'éducation (morale, religion) ne peuvent la régénérer, — la sauver parce qu'elles ne peuvent arrêter les progrès d'un mal dont le nom seul montre le caractère incurable, car ce mal n'est autre
SA VIE, SON CARACTÈRE ET SA PENSÉE 8l
que la sénilité, l'impuissance psychique du métissage ou du mariage, des peuples éteints, des lumières brisées et des cultures « croisées » et « coupées ».
A l'heure actuelle, l'auteur constate la décadence, la dégénérescence irrémédiable de l'humanité, de l'amitié, de lagénialité,de la fatalité héroïque, philosophique et antisémitique, et le triomphe partout du règne animal, du « troupeau », de la bestialité, de la sexualité, de l'antisémitisme politique ou du déshonneur, — qui est un suicide moral, — à la honte du genre humain.
La théocratie démocratique, la propriété mystique de l'instinct sexuel, c'est le progrès de la décadence, c'est le triomphe de la médiocrité égalitaire et utilitaire, sans force, sans grandeur et sans beauté (i)...
A la lueur des idées gobiniennes, M. Spicss nous montre l'idéal bourgeois ou métis do riinpê' rium national, des métis savants et civilisés, sots et barbares des Celto-Slaves, d'origine juive, de l'Allemagne contemporaine, qui ne sont pas les
I. Spiess, oppose avec raison l'Art à la Poésie, le « moralisme » à V Immoralisme nietzschéen de la Volonté de Puis, sance, le collectivisme à la noble indépendance du stoïcisme de l'individualisme aryen et le dandysme poétique et aristo! cratique à Tutilitarisme des bourgeois cultivés, des « philistins de la culture », — des hommes utiles.
Germains de Gobineau, appartenant à la race «nordique» et il critique impitoyablement « la force sale et coossale du colosse allemand», du pangermanisme dément, qui ment, ainsi que sa bêtise lacrymogène qui se vante toujours d'être savante v> et qui porte atteinte à l'homme noble, sage et cultivé, en haïssant le genre humain, en méprisant !'« homme en soi » et en niant le libre arbitre...
Dans la partie la plus originale de son ouvrage, l'auteur nous montre la valeur psycho-sexuelle de la Race et sa portée héroïque, philosophique et antisémitique qui aboutit au sens de la Vie, au sens de Psyché et à la valeur bio-psychologique du génie, de l'amour unique et platonique, qui conçoit les sexes et les dépasse par delà le bien et le mal, le temps et l'espace.
La Fatalité, l'amour poétique, pédérastique ou parthénogénétique du philosophe, qui donne son humanité, son amitié, sagénialité (« solitude, plénitude, béatitude») n'est pas, selon les expressions mêmes de M. Spiess, le « Phébus académique », le « Narcisse pétrifié » le « Sphinx en plâtre » ni un moraliste ou un souteneur d'idées, mais l'homme normal, qui est un « enfant sain (génie), le Père ou le Fils de l'homme», qui est le «Narcisse sculptural, ancestral et astral », dont l'amour n'a pas de sexe parce que le corps sanglant (incir-
concis) OU circoncis du Juif (i) qui est un « homme malade ou un génie déséquilibré (garçon), la mère ou le fils de la femme» est le tombeau du génie ou de rHarmonie !
Pour l'auteur, de même que pour Gobineau et Nietzsche, le caractère sui generis de l'homme normal, de rhomo humani generts, qui ne renonce pas à soi, mais se domine lui-même, en élevant sa puissance naturelle à la hauteur de sa volonté humaine (2), ou sa volonté à la hauteur du Mythe (« Génie-âme-vie-Androgynehumain »)de l'homme qui est assez grand pour embrasser partout sa propre réflexion solitaire, de l'homme enfin, 'qui s'estime lui-même, qui|est le juge, la valeur et la mesure de toutes choses, réside dans sa Race aryenne ou pure, dans son Sexe puissant, uranien (3), apollinien, psychique (4) ou jovial, et
1. Que Spiess oppose à la femme, qui est un « enfant malade (fille) la fille-mère, ou la vieille fille évangélique et publique. »
2. Qui est « l'immoralisme » nietzschéen de la Volonté de Puissance, l'autocratie aristocratique, l'ascétisme ou l'aristocratisme gobinien [Narcissisme, Satanisme, Dandysme poé tique et aristocratique, optimisme grec, que Spiess oppose au. romantisme, au mysticisme, à la conception morale de l'art utile, au pessimisme juif des bourgeois cultivés, des philis tins de la culture, des « Phébus académiques, savants et civilisés, sots et barbares, adamiques, anémiques, économiques et comiques ».
3. De /a Vénus Uraiiie ou céleste appelée ainsi parce que ôccoGa xâ àvw elle contemple les choses d'en haut, d'où vient l'intelligence.