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I. Voir Les Pléiades, \, 2, de Gobineau. — N. D. L'A

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que Gobineau, ni probablement ceux queM.Spiess ont envisagés.

II importe toutefois que nous détruisions, en passant, avec l'appui de l'autorité non contestée de ces trois prêtres de l'Impérialisme et de la Culture, une légende qui s'est développée, avec la vigueur propre aux herbes mauvaises, sur un terrain capable de meilleures floraisons, et d'après laquelle la croyance au Surhomme et la Volonté de sa venue auraient causé les maux terribles dont la guerre actuelle nous torture.

Nietzsche, non plus que Gobineau, n'ont jamais considéré l'actuel Pangermanisme comme une expression de l'Impérialisme véritable, dont ils se firent les audacieux apôtres...

L'immoralisme nietzschéen (i) dépasse et méprise l'immoralité politique de l'Empire et atteint, par delà le Bien et le Mal social, par delà l'Etat, par delà la Nation et la Loi, là où commence seulement l'homme, où sa grandeur d'âme a la liberté de s'épanouir, où règne dans la plénitude de son être, celui qui s'est cherché et trouvé enfin, lui-même.

Si le tragique essentiel de la Vie fait, chez Nietzsche et chez Gobineau, de la Volonté de puissance une volonté guerrière, c'est dans le seul but de

I. Qui est le dandysme poétique et aristocratique, le culte de rindividualismc ou l'égothéisme — la culture impérialiste d« soi. — N. D. L'A.

délivrer l'esclave civilisé de ses chaînes, forgées avec les garanties mêmes qu'il demande à la civilisation, et de le replacer sauvage et nu, mais libre, devant l'harmonie philosophique supérieure de la Vie...

C'est pour nous une constatation réconfortante de penser qu'il n'est pas vrai que l'effort de ces audacieux chercheurs, dirigé avec passion vers la constitution scientifique et philosophique d'une morale de l'élite, ait justifié l'hypertension actuelle de la raison d'Etat dans une hiérarchie sociale et militaire. Ils condamnèrent, au contraire, exactement cette monstruosité contre laquelle le monde entier luttera demain, dans la crainte que, retranchée dans les concepts nationalistes qui prétendent à remplacer les valeurs fortes, elle ne soit fatale au libre génie individuel.

La droiture de l'Intelligence est à la base du culte de IHonneur célébré par Gobineau en faveur de la race maîtresse et noble, par Nietzsche en faveur du surhomme entrevu triomphant, et rien de tel n'apparaît là, où leur gloire, encore accaparée, n'est détournée de son vrai sens que par notre négligence à la recueillir. Le néo-gobinisme allemand ne doit point nous troubler et nous faire davantage illusion qu'il n'eût fait au philosophe lui-même.

Aussi bien, puisque, de l'aveu même de Gobi-

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neau, que ne contredit pas l'expérience bio-psychologique de M. Spiess, la race aryenne dont nous pourrions tout craindre, pauvres et dégénérés métis que nous sommes, n'est plus retrouvée qu'avec une difficulté extrême parmi les mélanges opérés par les siècles, il ne nous convient pas de redouter une réalisation pratique de son ardeur conquérante. Nos ennemis sont autres, étant ce que nous sommes, sans unité ethnique, adultérés par la civilisation, hallucinés par la valeur factice nominale et fictive de la Nation et de l'Etat, Consolons-nous de cette dégénérescence — en célébrant, avec M. Spiess, l'amour platonique, seul capable de nous régénérer.

Chantons avec lui « la Volupté psychique, la récréation puérile et virile de l'Ame et de la Vie qui est la portée du génie dont la portée nue est portée aux nues sans tenue sociale et sans retenue préputiale ! »

Hn nous arrêtant toutefois au bord de l'abîme mythique que côtoie l'auteur sur les voies de sa science bio-psychologique, nous donnerons de l'amour uranien de Jupiter pour Ganymède, la définition plus claire et plus humaine, et très belle, qu'il cite lui-même de Michel-Ange:

« Quand je vois un homme qui possède quelque talent ou quelque don de l'esprit, un homme qui s'entend à faire ou à dire quelque chose de mieux

que le reste du monde, je suis contraint de m'éprendre de lui, et alors je me donne si complètement à lui que je ne m'appartiens plus à moimême(i). »

Cette passion de la pensée, engendrant l'Amour, n'est pas si distante de nous que nous ne puissions convenir d'y atteindre...

Elle nous permettrait de remonter peut-être aux origines aryennes infusées à notre sang mêlé, où tant d'éléments ont apporté le trouble de leurs divergences inconciliables, et de faire refluer notre civilisation vers une sagesse plus haute et plus forte.

Ce retour nécessaire est, quoiqu'il arrive, au seuil de notre Vie philosophique de demain, et nous saurons gré à M. Spiess de nous en avoir montré le chemin.

En attendant, souhaitons à l'amour platonique, uranien, dionysien et surchrétien le sort qu'il mérita jadis, quand l'antiquité en fit sa force, avant que le christianisme n'eut affaibli sa portée par le culte trop émasculé du renoncement, et que leRomantismeet le Lyrisme ne l'eurent amoindri de leurs rêves et de leurs banalités sentimentales. Sa venue ne nous troublera pas, à l'heure

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