DE M. DESCOMBES
Faisant l'apologie du comte de Gobineau, des théories « gobiniennes >>, du fils de roi ainsi que du surhomme de Nietzsche, Spiess va plus loin
SA VIE, SON CARACTÈRE ET SA PENSÉE lOt
que ses devanciers et nous présente une race d'hommes — l'homo liber — qui est plus qu'humaine et ne peut admettre Thomme efféminé par la civilisation.
La pensée maîtresse de l'auteur d' Impérialistnes est d'essayer de nous prouver que toute démocratie (i) amène fatalement la déchéance d'une race...
Là où l'auteur choque, c'est lorsqu'il aborde sa théorie pédérastique de la bête de proie primitive, faite pour le combat, la danse, les jeux et les ris.
S'appuyant sur les théories grecques dionysiaques, il nous ramène aux plus pures doctrines du paganisme (2)et au culte du Phallus, souverain du monde ! Son amour pédérastique éthéré s'établit sur les données platoniciennes.
Somme toute, son livre rempli d'idées neuves, souvent discutables, ne peut nous déplaire, car il nous ramène à la suprématie de l'homme libre, et nous montre le néant des préjugés, religions, morales, conçus par l'homme.
[Par delà la mêlée 15 décembre 1917).
i. Q ui est la propriété mystique de l'instinct (génie de l'Espèce) ou l'impuissance ethno-psycho-sexuelle du métis savant et civilisé, sot et barbare, que Spiess oppose à la propriété philosophique de rintelligence (génie de l'individu) ou à la puissance psychique de la Race pure, de l'Homme sage et cultivé. — N. D. L'A.
2. De l'Hellénisme héroïque, philosophique et antisémitique. — N. D. L'A.
DE M. SYLVANY:
Impérialismes est une œuvre étrange, largement éclairée par la philosophie nietzschéenne, par les conceptions gobiniennes, en laquelle, dans une langue le plus souvent mythique, ésotérique et symbolique, sont célébrés pendant trois cents pages les lieds piincipaux de la croyance au Surhomme.
Animé de l'ivresse dionysiaque dont le rythme harmonieux ondule au souffle puissant de la sagesse platonicienne, le rêve de l'auteur s'y exprime en phrases surchargées, répétées, contenant tout l'ensemble des mythes et des mystères humains. La Bio-psychologie y est évoquée, et y paraît placée sous l'égide de la Psyché éternelle, Puissance infinie, ultra-phénoménale, située hors du temps et de l'espace, hors des formes charnelles, sexuelles et temporelles.
La Vie supérieure est conçue, dans l'œuvre de Spiess, s'engendrant elle-même par l'acte génial, original et créateur d'une Pensée qui se réfléchit et s'épuise elle-même dans l'amour platonique, expression équilibrée, harmonieuse et complète. Pris de vertige à cette hauteur, il nous reste à descendre pour rejoindre le Vulgaire nombreux et multiple et comprendre enfin l'antinomie fondamentale qui doit exister entre la vie triomphante et noble du héros hermaphrodite, et celle,
vouée à la Vénus charnelle et à la Dégénérescence rationnelle de l'homme social, commercial et religieux...
Problème des problèmes qui sous des mots obscurs, cache des réalités profondes et qui pose dans ses termes les plus troublants l'angoissante question que tous les mensonges éternels n'étouffent pas au cœur des hommes et dont dépendent les destins, en apparence contraires, de la civilisation libérale et chrétienne et de la culture impérialiste du soi...
La culture, synthèse de l'énergie totale, est le mépris de ce qui est borné, contingent, soumis à la nécessité, au fait, au renoncement. Elle est la condition de Thomme libre, qui porte sa Force en soi-même avec l'orgueil de vivre et l'honneur de régner, et qui atfirme son goût invincible pour la hauteur, pour la distance, pour le recul où il faut atteindre afm de jouir de la contemplation totale du monde. Elle fait de l'individu le Tout qu'il doit être, et dont l'unité glorieuse est le plus haut destin de THumanité... Elle aboutit à l'augmentation héroïque et tragique du Moi et à la noblesse spirituelle de l'originalité véritable, qui est la raison d'être et la destinée de l'Homme...
Ses victoires, nous dit-on, ont appartenu sans cesse à « la race satyrique des géants, à la race aryenne, uranienne,dionysienne et surchrétienne »
dont les preuves de l'existence historique remplissent l'œuvre critique du cornte de Gobineau, dont l'existence idéale a tourmenté le génie de Nietzsche et dont M. Spiess nous révèle à nouveau la présence aux lueurs, un peu vacillantes, de sa science bio-psychologique...
Mais contre cette culture justifiant le combat éternel qu'elle livre, se sont dressées les valeurs non nobles (par définition) dont la civilisation a réuni en un immense faisceau les tendances hétérogènes, pour tenter d'en faire le soutien et la consolation de tous les déshérités.
Le type humain primitif, contenu avec sa génialité et ses instincts puissants dans les races nobles, s'est adultéré par les mélanges, s'est uniformisé par le métissage, s'est abaissé au niveau égalitaire des religions de la pitié et de l'idéal démocratique des foules...
II en est résulté la Décadence du type humain noble. Celui-ci disséminé, adultéré au gré des mésalliances, dévirilisé par Tempreinte sexuelle du psychisme féminin représenté par les races sémitiques, fut réduit à l'impuissance créatrice par l'asservissement du génie libre à tous les facteurs matériels de la Civilisation : à la Société, au Travail domestiqué, à la Morale utilitaire, au Légalisme restrictif, à l'Automatisme scientifique, à l'Ordre artificiel, et, afin d'échapper en croyance à
SA VIE, SON CARACTERE ET SA PENSEE lOÇ
l'étreinte du fini, et au manque d'unité fondamentale du Moi, à l'abandon de soi-même, aux mystères divins...
Faut-il, d'ailleurs, regretter autant qu'on nous y invite la disparition de ce type aryen, dont nous voulons bien croire à la noblesse naturelle, sur la foi de Gobineau et de M. Spiess qui doivent en descendre, si l'on peut les en croire !...
S'il a presque disparu, il a laissé encore, nous le voyons^ le regret vivant de son passage. N'estce pas lui d'ailleurs qui se recrée sans cesse dans ces Renaissances successives qui marquent les étapes douloureuses de la civilisation? Ne pouvons-nous pas lui attribuer l'une des formes les plus audacieuses et les plus fécondes du génie révolutionnaire, dont sortit par exemple, la Réforme, libérant la conscience religieuse et aussi la tentative admirable de Rousseau de retrouver l'homme noble et bon, une fois émancipé des hypocrisies sociales.^...
L'abaissement ne serait-il que la rançon d'une dissémination à laquelle on devra de retrouver partout, dans la gangue éparse, le germe du pur cristal primitif (i)?
Il ne nous appartient pas de résoudre ici ces problèmes,qui ne sont ni ceux que Nietzsche, ni ceux