‹ Camille SpiessChapitre 36 sur 43 · DE M. KER-FRANK-HOUX · texte numérisé non relu

DE M. KER-FRANK-HOUX

Considérant le cas où mis en présence d'une « demoiselle Belle », cette charmante donzelle ne l'émeuvrait aucunement, M. P. -A. Birot écrit : « Dans ce cas, pour moi, demoiselle Belle n'aurait pas de sexe, pour moi. Et cela est vrai aussi bien pour une chaise ou une maison. Tant qu'à l'artiste,

qu'il soit sexué me paraît peu .de chose, je suis plus exigeant, je le veux bisexué. »

Dételles affirmation et exigence sont loin de me trouver sans sympathie, malgré que l'emploi de certains termes de physiologie un peu anormale me gêne parfois dans l'acception toute spirituelle qu'ils enferment. Et je pense surtout, ce disant, à la plaquette de Camille Spiess « La Poésie et sa Décadence », éditée à la revue Soi-Même (i).

Pour ne m'attacher qu'k ce narcissisme littéraire, tant prisé, tant décrié, tant incompris, il me semble que le Narcisse de la fable, au bord de sa fontaine, n'était pas absolument amoureux de son moi^ non plus que de sa seule image, mais plus exactement amoureux de soi en sa réflexion. Et si l'on veut prendre ce dernier terme en son double sens matériel et figuré, on aura, je crois, assez exactement la raison philosophique de la parabole...

{Aristey avril 1918.) I. Editions de Soi-Même. Paris, 88, rue Rochechouart.

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