‹ Camille SpiessChapitre 6 sur 43 · I. Carlyle, Sartor Réminiscences · texte numérisé non relu

I. Carlyle, Sartor Réminiscences

Après quelques velléités lyriques, Spiess manifesta de bonne heure un goût prononcé pour les sciences naturelles et passa l'été de 1897 à la station zoologique de Roscoff (Finistère), fondée par Henri de Lacaze-Duthiers. Ses études classiques terminées, il entre comme étudiant en sciences à l'Université de Genève. Il débute dans la carrière scientifique par des travaux présentés à une société d'étudiants sur : Nos sens et le monde extérieur. — Théorie nouvelle de l'Energie, qui furent suivis d'une étude sur l'Idée et le Fait en biologie à propos de l'immortalité physiologique, qui parut hors commerce en 1901.

Elève de M. le Professeur Emile Yung. il prend ses grades et, en 1902, il obtient le doctorat ès-sciences naturelles avec une thèse intitulée : Recherches morphologiques, bistologiques et physiologiques sur l'appareil digestif de la sangsue.

Il se signale par des articles scientifiques, par des recherches originales sur la physio-

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logie des animaux inférieurs, qu'il poursuit à l'Université de Bâle de 1903 à 1905, tout en préparant le doctorat en médecine, dans le but d'obtenir une chaire de physiologie générale.

Pendant cette période, la plus féconde de son activité scientifique, il publie un grand nombre de travaux, dont plusieurs ont paru dans les Comptes rendus de V Académie des Sciences de Paris, et parmi lesquels on peut citer : Modifications subies par Vappareil digestif sous l'influence du régime alimentaire, — La question du foie chei la sangsue médicinale. — Recherches sur V excrétion. — Sur la présence de pigments biliaires chei la sangsue. — Sur V évolution du foie. Ils apportent une preuve nouvelle et importante de l'origine hématique des pigments biliaires.

Diverses circonstances imprévues ainsi que l'obsession du problème de la Psychologie le détournèrent de la carrière professorale et donnèrent à ses études une orientation nouvelle, qui devait le conduire à sa conception bio-psychologique de la Philosophie, qui est un retour aux sources de la sagesse platoni-

cienne, qu'il sexualise par son invention du Troisième Sexe, qui est l'Androgyne spirituel.

En i^o6,\\pub\\e l' Âme et le Corps aupotni de vue bio-physiologique, (i) avec, en sous titre : « Quelques réflexions à propos d'un ouvrage récent de M. Binet, directeur du Laboratoire de Psychologie à la Sorbonne (Hautes- Etudes) ».

Dans cet ouvrage, Spiess soutient contre le panpsychisme, et avec M. Binet, «qu'il existe au fond de tous les phénomènes de l'intelligence une dualité ; pour former un phénomène réel, il faut à la fois une conscience et un objet.» Il prend nettement position contre la psychologie expérimentale et paralléliste, qui ignore l'âme, car la psychologie expérimentale est un non sens, puisque les faits psychiques ne sont pas susceptibles d'expérimentation.

Pour Spiess, In psychologie métaphysique

1 Georg. et Cie, éditeurs à Genève.

OU subjective n'a pas plus de sens que la psychologie ^jv/)é?fm^f/r^/<? ou physiologique, qui est juive et ignore Tâme parce qu'elle se réclame de la pseudo-objectivité paralléliste, psycho-physique et se transporte au laboratoire. La notion de Fâmeest méconnue parl'école psychologiquecontemporaine parce que le Juif, l'hybride psycho-sexuel a perdu le sens de Psyché, le sens mythologique de la vie, qui est la valeur bio-psychologique du génie, l'objectivité subjective de soi ou la puissance psychique de l'Androgyne humain (i).

La Bio-psychologie, la Vie, la connaissance de soi-même, la Science unique de l'amour platonique ou l'objectivité subjective de soi (2) est donc la véritable psychologie que Spiess oppose à la psychologie expérimentale des « Phébus académiques, anémiques et comiques », qui méprise «l'homme en soi »,

1. Qui est le « Troisième Sexe tort unique et platonique de l'homme normal, tout entier, dont le cœur est dans la tête et qui est à la fois lui-même, sa femme et son fils »,

2. Qui est le moi du non-moi, la conscience de Tinconscience, l'activité passive, la survie de l'Envie ou le présent de la «Vie future »

le genre humain et nie ie libre arbitre (i), de même qu'il oppose « l'âme » au<v corps ^>, la «génialité » à la« sexualité », la psychologie à la physiologie, l'homme, qui est un « enfant sain (génie) le Père ou le Fils de Thomme », au Juif, qui est « l'homme déséquilibré (garçon), la mère ou le fils de la femme ».

La Bio-psychologie de Spiess est à la fois la solution du problème de l'âme et du corps, de la génialité et de la sexualité, de l'individu — l'homme et de la société — le troupeau, de la Race — la culture et delà Nation — la civilisation de la sagesse (fatalité, humanité, noblesse) et de la science (hérédité, bestialité, grossesse) et celle du «problème juif» parce qu'elle nous montre que « l'âme » (génialité) est la « permanence, la pureté ou la puissance ethno-psycho-sexuelle du sang éternel, paternel et spirituel, qui n'est pas sanglant ni circoncis » et que le « corps » (sexualité) est le « péché », la monstruosité

1. Qui est la pureté ou la puissance ethno-psycho-sexuelle du génie aryen, uranien, dionysien ou surchrétien, du sang erotique et psychique qui n'est pas sanglant ni circoncis.

initiale de « l'impureté ou de l'impuissance ethno-psycho-sexuelle du sang social, commercial et préputial qui est toujours sanglant et circoncis », de l'hybride psycho-sexuel (i).

Camille Spiess a la plus grande vénération pour Sully Prudhomme, et là, je me sépare un peu de notre auteur, car Sully Prudhomme fut plutôt un homme de science, un philosophe qui sertissait, en le cadre prosodique, de claires pensées, qu'un vrai poète. Le poète, a mon sens, est un créateur d'images, un bâtisseur de lumineux symboles, où chante l'ivresse rythmique de la vie, transposée aux sources intérieures de l'Esprit.

Le 13 mai 1907, il prononce une conférence académique dans l'Aula du Muséum de Bâle, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire

I . L'impuissance psychique du métis inhumain, vam « divin » est la théocratie démocratique, la propriété mystique de l'instinct sexuel ou romantique, que Spiess oppose à la puissance psychique de l'Androgyne humain, qui est l'auiocratie aristocratique, la propriété héroïque, philosophique et antisémitique de « l'instinct hellénique » ou antique.

de l'élection de Sully Prudhomme à TAcadémie française, anniversaire fêté à Paris le 23 mars 1907.

Dans cette conférence, publiée en plaquette sous le titre : le Penseur che^ Sully Prudhomme (i\ Camille Spiess nous montre ses qualités de cœur, malgré que paraisse aux regards superficiels, insensible et dure la solitude hautaine de sa pensée. En ces pages, se découvre un homme bon (trop souvent on confond bonté et mièvre sensibilité) que déjà nous faisait pressentir son enfance méditative, blessée de l'incompréhension qui suivait la marche inquiète de ses pas.

11 se penche sur le cœur humain pour enrichir de ses mystères la courbe égoïste de sa pensée.

Pour Spiess, au contraire, la sensibilité engendre le lyrisme, le rêve apollinien, tandis que la pensée engendre le narcissisme, r ivresse diony sienne ]dtsi\\i\ le délire poétique ou le pouvoir créateur du poète, qui ne chante pas, mais qui se récrée lui-même avec

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