CAMOENS ET LES LUSIADES
Les plus anciennes productions de la langue portugaise furent des romans de chevalerie. La guerre, l'amour et la religion étaient les sources principales de l'inspiration poétique, les chevaliers se plaisant à raconter leurs exploits, leurs peines et leurs espérances. D'une langue harmonieuse ' et sous le beau ciel du Portugal la poésie était née de bonne heure ^. Elle trouva souvent de puissants protecteurs dans les princes du pays, poètes eux-mêmes, tels que Denis, Alphonse IV, Pèdre le Justicier, dom Pèdre et Jean 11^.
t. Les Portugais et les Espagnols soutieDneDl respectivemenl la prééminence de leur langue. Quoi qu*il en soit des litres sur lesquels iU fondent leurs prétentions, ces derniers ont su rendre justice à la fleiibilité, à la délicatesse et à l'expression mélodieuse de Tidiome rival, en le surnommant la langue des fleurs.
2. Les seigneurs du midi de la France qui avaient suivi Henri de Bourgogne lors de son établissement en Portugal, devaient naturellement chercher à Taire revivre, dans leur nouvelle patrie, les traditions de cette suave poésie des troubadours, qui les avait tant charmés dans l'ancienne.
3. Pour l'étude historique de la littérature portugaise on doit cou-