‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 114 sur 240 · Ch. X, dl. 7U · texte numérisé non relu

Ch. X, dl. 7U

302 APEAÇU DE L'HISTOIRB DE PORTUGAL.

n^exigèreni pas d'autre gai'antic, et la forteresse de Diu fut relevée.

Lorsque le gouverneur revint dans la capitale de llnde, il y fut reçu en triomphateur. Magnifiquement vôtu, entouré d€ ses capitaines, précédé de ses soldats victorieux et suivi de nombreux captifs, il marcha, au milieu d'une foule ivre de joie, jusqu'à la cathédrale, d'où révoque dom Joào d'Albuquerquje, recouvert de ses habits pontificaux et accompagné des chanoines et du clergé,' s'était avancé en grande pompe à sa rencontre. On croit lire le récit deâ^ triomphes du Capitole. Quelques historiens prétendent même qu'en entendant raconter cette brillante ovation, la reine de Poitugul s'écria : « Il a vaincu comme un chrétien; il a triomphé comme un idolâtre. » Mais la reine se trompait : ce n'était point par orgueil que Jean de Castro triomphait, c'était par politique ; il voulait par une pompe inaccoutumée frapper l'esprit des radjahs vaincus et produire sur les Hindous une impression d'autant plus profonde qu'ils avaient un moment compté sur l'insuccès des trouf>es portugaises.

Du reste Jean de Castro ne se reposa pas après le triomphe. Tandis que Georges Menezès allait par son ordre soumettre Bazoche, que Monix s'agrandissait à Geylan, que Malacca faisait sa soumission, et que l'occupation d'Achem préparait celle de Sumatra, il battait lui-même le roi de Cambaye, faisait un voyage militaire à Diu, incendiait Daboul,et remportait sur le général d'Hidal-Khan II la fameuse bataille de Saint-Thomé '.

Tant de fatigues avaient ruiné sa santé. Il aurait voulu se démettre du gouvernement, revoir Lisbonne et retourner mourir près de la femme aimée dont il s'était séparé avec tant de regrets 11 sollicitait du roi la faveur d'abandonner le théâtre de ses exploits. Mais le

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