‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 173 sur 240 · Hic vasto antro · texte numérisé non relu

Hic vasto antro

Luctanles ventos tempestatesque sonoras

Imperio premit (Virg. Enéide, v. 52-54.)

LES LUSIADBS. CH. VI (St. 0-12). 457

Neptune avec les filles de Nérée et les autres divinités de rOcéan. Courbés en voûte azurée, les flots suspendus protègent leurs tranquilles retraites.

Au milieu d*une plaine immense que ne contempla jamais Toeil des mortels, sur un sable d'argent, s'élève le palais de Neptune avec ses tours de cristal. A leur éclat, on les prendrait pour des tours de diamant; et plus on s'en approche, plus Tillusion augmente.

Les portes sont d'or et marquetées de perles brillantes, ouvrage d'Amphitrite et du temps. Des sculptures magnifiques ont frappé les regards de Bacchus; il s'arrête. Sous des couleurs confusément mêlées ' , se présente à ses yeux l'antique chaos. Il en voit sortir les quatre éléments qui s'agitent et se séparent, impatients de prendre la place que leur assigna la nature >.

Dans la région supérieure plane le feu qui ne s'alimente que de lui-même. C'est de là que, suivant la route que i^

lui traça Prométhée, il donne le mouvement à tout ce ■^;,

qui respire. Au-dessus du feu s'élève, d'un léger vol, l'air invisible qui s'insinue plus aisément encore, et qui, brûlant ou glacé, ne laisse aucun vide dans l'univers.

Plus bas, la terre se couronne de montagnes, de verts gazons et d'arbres fleuris : on la voit distribuant une nourriture variée aux animaux qu'elle enfante. Sur la terre se répandent les eaux 'qui circulent avec leurs nom-

1. UoiiB erat tolo Naturœ vulUis in orbe, Quem dixere Chaos, rudis indigcstaque moleaf Nulli sua forma manebai.

{Ov.,MéiQm , !,▼. 6 et 7; 17.)

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