‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 182 sur 240 · LES LU8IADES. CH. VI (SU · texte numérisé non relu

LES LU8IADES. CH. VI (SU

« les palmes et les couronnes. Les favoris de Diane, les « enfants de Cornus, leur préparent de magnifiques a banquets. Chaque jour, jusqu'à leur départ, voit « éelore pour eux une fête nouvelle.

<( Toujours avide de gloire et d'aventures, Magrice « voulut revoir la Flandre et sa florissante capitale. Il y « fixa ses destins; mais il n'y perdit point l'habitude de M vaincre. Noble champion d'Isabelle, il immola un « Français dans un combat singulier'. Tel autrefois « Torquatus fit tomber un Gaulois sous ses coups.

« Un des autres chevaliers, Alvaro Vaz d'Almada', prit « sa route par la Germanie, soutint un combat périlleux « contre un guerrier déloyal, opposa le courage à la « perfidie, et sortit vainqueur de la lutte. » Ainsi parlait Yelloso; et les Portugais, charmés de l'entendre, le pressaient de raconter le nouveau triomphe de Magrice, et le combat d'Almada contre le Germain.

Chacun d'eux prêtait une oreille attentive, quand le nocher, qui observait les airs, donne tout à coup le signal d'alarme, et réveille les matelots sur l'un et l'autre bord. Les voiles qui couronnent les mâts se replient. « Hâtez-vous, s'écrie le nocher, le vent s'élève; il sort de ce nuage ténébreux qui se balance sur nos tètes. »

La manœuvre est à peine achevée que l'orage éclate avec fureur. « Abaissez la grande voile, reprend, à

1 . Une discussion s*étaiit élevée entre le roi de France et Philippe de Bourgogne, qui avait épousé l'infante de Portugal Isabelle, celle-ci proposa de choisir deuiL chevalioi-s qui videraient ce différend par les armes. Magrice, choisi par le duc de Bourgogne sur le conseil d*lMbello, vainquit le chevalier qui combattait pour le roi de France.

2. Un combat singulier devait avoir lieu entre un Allemand ot Alvaro Vaz d'Almada. L*AIIemand avait mis pour condition qu'ils auraient tous deux le côlé droit découvert; mais il n*avait pas dit quMI était gaucher et que de cette Ta^on il présenterait le côté gauche cuirassé h son rival qui seul resterait ^ans défense. Alvaro, indigné, rejeta ses armes et se précipita sur son rival qu*il étouffa dans ses bras.

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grands cris, le chef des matelots. » Mais les vents dér chaînés ' n'attendent point que la voile soi^ tombée. Elle est assaillie, mise en pièces avec un bruit si terrible, que le monde semblait se dissoudre.

Un cri d'effroi s'élève'; le désordre se mêle à l'épouvante. Le déchirement de la voile a porté le vaisseau sur le flanc; les vagues s'y précipitent. « Allégez le navire, jetez à la mer d^inutiles fardeaux. Nautoniers, à vos postes; et vous, soldats, à la pompe. L'onde ennemie' nous envahit. A la pompe I à la pompe! »

Les guerriers obéissent; ils courent, mais le roulis les renverse. Le gouvernail tourne et s'agite au gré des vents; trois robustes matelots ne peuvent le maîtriser. Par de forts liens, par des câbles énormes, ils essaient de le dompter. Les vents se rient de leurs efforts.

Avec moins de force et de courroux les enfants d'Éole auraient ébranlé l'antique édifice de Babel. Enlevé comme une barque légère, le vaisseau de Gama reste quelque temps suspendu au sommet des vagues ; le reste de la flotte le contemple avec efl*roi.

En proie comme Gama à la colère de Neptune, Paul et Goelho erraient sur la profonde mer, avec leurs mâts brisés et leurs voiles déchirées. En vain le sage Goelho, à l'approche de la tempête, avait fait replier toutes les voiles; les trois navires flottaient à demi submergés; les

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