‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 32 sur 240 · APERÇU · texte numérisé non relu

APERÇU

DE

jusqu'à la mobt de camoens

POUR SERVIR A L*INTELLIGENCB DBS LUSIADBS

rffoiis venons de dire, dans la notice qui précède, com- ''^^nt Gamoens, par d*ingénieux épisodes ou par de l^tîques prédictions, dont il avait peut-être puisé l'idée ^^s VÉnétdey a fait entrer dans son poëme l'histoire ^lière de son pays. Les Lusiades sont les fastes de la ^sitanie. Mais on conçoit qu'il ne pouvait les écrire ^mme un historien ordinaire; il était obligé de les traiter en poëte, plus prodigue d'images que d'explica* Uons, et nécessairement il a mis une grande concision dans ses récits. Les lieux, les temps sont parfois à peine bdiqnés : sa narration marche avec la rapidité et, dans Certaines circonstances, avec le désordre apparent d'une Composition lyrique. C'est à la muse héroïque, à Gal- Uope ' , qu'il doit demander ses inspirations : ce n'est pas à Glio, muse de l'histoire.

Une telle concision devenant embarrassante pour les personnes qui ne sont pas versées dans la connaissance des annales portugaises, la plupart des éditeurs et des

1. « Maintenant, Galliope, apprends-moi ce que Gama raconta an 1^1 de Mélinde. Daigne inspirer un mortel qui l'aime. » Gh. UI, si. 1.

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traducteurs des Lustades ont eu recours aux notes historiques pour suppléer au défaut d*un développement de texte. Mais ces notes sont éparses et manquent d^unité : elles se trouvent enclavées dans une série d'autres commentaires mythologiques, géographiques ou littéraires qui, en rompant la série et la liaison des faits qu'il s*agit d'expliquer, en rendent l'intelligence difficile et peu nette. Nous avons cru qu'il serait plus avantageux de les remplacer par un aperçu général de l'histoire du Portugal. En nous arrêtant dans cet aperçu, d'une façon toute particulière, sur les points mêmes auxquels il sera fait allusion dans le poëme^ en groupant les faits de telle façon qu'ils s'expliquent mutuellement par leur enchaînement naturel, nous espérons familiariser d'avance l'esprit du lecteur avec les personnages que le poëte jm contentera de peindre à grands traits, et nous réussirôÉs peut-être à rendre ainsi plus facile et plus courante la lecture des Lusiades.

temps. — Lusas ; Ulysse.

Les peuples que Ton nomme aujourd'hui Portugais se sont d'abord appelés Lusitaniens. Leur origine, comme celle de presque tous les pays, se perd dans la nuit des temps, et les premiers historiens, suppléant par des fables aux notions qui leur manquaient, ont cherché, par une généalogie fictive, à flatter la vanité de leur nation. De môme que nos poètes ont fait descendre les Français de Francus, fils d'Hector, Camoens regarde Lusus, fils ou compagnon de Bacchus, comme le père des Lusitaniens. « La Lusitanie, dit-il, lui doit son nom. Fils du Thébain qui étendit si loin ses conquêtes, il le suivit jusqu'au sein de l'Hespérie, jusqu'aux plaines charmantes qu'arrosent le Douro et la Guadiana. C'est là que les

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anciens avaient placé leur Elysée. Lusus voulut y reposer sa vieillesse, él- cette terre, honorée de son nom, le fat aussi de son tombeau. Le rameau qu'il tient à la main, nous apprend qu'il était le fils et le compagnon |[ \y^^

du dieu du thyrse *. » V^'

La Cède, dans son histoire du Portugal, fait dériver le nom de Lusitaniens de celui d'un peuple celte que les Romains appelaient Lusones ou Lusi, et qui, après s'être mêlé aux Ihériens, fit une irruption dans le pays que l'on appela depuis Lusitame, Cette étymologie, fût-elle aussi vraie qu'elle est douteuse, n'aurait pas fourni à Gamoens les ressources qu'il a tirées de la première.

Toujours est-il que le pays vaguement désigné sous le nom de Lusitanie était plus vaste que le Portugal actuel, eLfue les richesses de son sol attirèrent de bonne heure 1er Phéniciens et les Grecs, qui y établirent des comptoirs importants. Quelques historiens portugais attribuent à Ulysse la fondation de Lisbonne et appuient leurs conjectures sur le nom d'Ulympo •, donné de temps immé- »,, morial à cette ville. De même la ville de Tuy, autrefois Tyde (TWœ), prétendait, sur le témoignage de Justin, avoir été bâtie par Diomède, fils de Tydée. Ces opinions sont aussi incertaines que les étymologies sur lesquelles i^.

elles se fondent ; mais les poètes tirent parti de tout ce ' *

qui peut servir d'ornement à leurs ouvrages, et, poétiquement parlant, Gamoens devait croire que Lisbonne, cette ville devenue si célèbre par la navigation, avait été fondée par l'un des plus grands navigateurs des temps héroïques de la Grèce. « Cet autre héros, qui foule la

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