Corn. Népoa, Amilc
TEbre, TEspagne parût soumise, et, lorsqu^il eut écrasé les Orcades dans les environs de Tolède, lorsqu'il eut tué quarante mille hommes aux Yaccéens et aux Carpétans (Fan 228), il crut pouvoir irrévocablement engager la lutte contre les Romains en mettant le siège devant la ville de Sagonte, dont Tindépendance avait été formellement garantie par le traité que Rome avait imposé à Asdrubal. Bientôt il forma Taudacieux projet de transporter la guerre en Italie, en s'ouvrant une rouie par terre et en laissant derrière lui les Pyrénées, le Rhône et les Alpes. Il donna une armée à Asdrubal pour maintenir TEspagne, en confia une autre à Magon pour garder les passages, et lui-même traversa la Gaule avec cinquante mille fantassins et neuf mille cavaliers, tous vieux soldats, dé voués à sa fortune.
Rome, qui comprit qu'elle avait le plus grand intérêt à enlever les ressources de TEspagne à son mortel ennemi, s'attacha désormais à combattre ses lieutenants, et ne mit pas moins d'énergie à venir attaquer les Carthaginois au milieu de leurs conquêtes qu'elle n'en déployait à se défendre elle-même sur son propre territoire. Son rôle, de ce côté, était tout tracé : les peuples de l'Espagne ne supportaient qu'avec peine les vexations des généraux de Carthage ; elle se présenta à eux comme libératrice et les entraîna dans une commune alliance. Les Lusitaniens eux-mêmes, bien qu'ils n'eussent pas été attaqués par Annibal, redoutant dans un prochain avenir le sort de leurs voisins, se montrèrent disposés i entrer dans leur coalition. Les commencements de la lutte ne furent pas heureux: les armées romaines et leurs alliés essuyèrent d'abord de sanglantes défaites; les deux Scipions,un instant abandonnés par les Suessétans et les Geltibériens, furent vaincus et tués. Mais un jeune chevalier, du nom de Marcius, réunit les débris des armées et vainquit à son tour Asdrubal et Magon ; peu après, arriva
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un nouveau général, Publius Scîpion, fils de Cornélius (ranâll), qui débuta avec éclat.
Garthagène, défendue par une citadelle et par de hautes murailles, couverte par la mer et par un étang, passait pour inexpugnable : P. Scipion la prit en plein jour, dès le premier assaut ^. Il traita avec bonté les otages espagnols qu*il y trouva, les renvoya avec des présents vers leurs peuples, rendit à sa famille une jeune fîUe d'une remarquable beauté, que ses soldats lui avaient Amenée prisonnière, et montra une conduite qui contrastaitsi habilement avec les habitudes hautaines et cruelles des Carthaginois, que les principaux chefs du pays, Edécon, Mandonius Indibilis, lui offrirent aussitôt l'alliance de leurs troupes et lui donnèrent, dans leur ad- "■"ration, le litre de roi. Il vainquit deux fois de suite A^bal,flt surprendre et battre Hannon par son lieute- ^nt Silanus, et remporta la victoire dllipa sur Massi- 'U^jMagon et Asdrubal Giscon réunis. Après tous ces succès et la prise d'Oringis, les possessions de Garthage, ®û Espagne, furent réduites à la seule ville de Gadès, Và^ elle-même fut abandonnée par Magon en 205. Dès l^ï^, la puissance des Carthaginois fut complètement dé- ^te dans la péninsule, et les Lusitaniens n'eurent plus ^cn à craindre de la part du moins de ces conquérants, î^ s'étaient montrés d'abord si redoutables.
1 • Poljbe, qui avait Yisité TEspagne et Carthagène, noua donne *^^ la prise de cette Tille des détails qu'il tenait de Lélius, comman- ^>Ki de la flotte de Scipion, et raconte (X, 2) que des pécheurs de «arragone aTaient appris au général qu*à la marée basse Tétang était ^^^le. Tandis qu'une vive attaque attirait les assiégés vers les portes, H^^ure du reflux arrivant, les eaux s'écoulèrent et cinq cents soldats J^ehirent sans obstacle Tétang et la muraille qu'il baignait. Toute |,^itiiëe crut à un miracle, Scipion ayant promis d'avance à ses troupes ^Wittance de Neptune.
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Luttas des laositaniens contre les RoinA|iiis«
Mais Rome ne tarda pas à dévoiler qu'elle n'avait fi que travailler pour elle-même et qu'elle comptait gard sa conquête. En 497, elle envoya deux préteurs po tenter d'organiser la péninsule en provinces romaine Aussitôt les indigènes, qui n'avaient entendu Taider q pour se délivrer des Carthaginois, se soulevèrent * masse contre elle. Le préteur Sempronius fut tué et première bataille fut le signal d'une guerre séculaire Avec les Geltibériens, les Y ettons et les Yaccéens, les Lui taniens jouèrent un rôle important dans cette lotte h roïque. Sobres, agiles, patients et braves, ils firent da leurs montagnes la guerre de guérillas si funeste ai armées régulières. S'ils étaient vaincus, on en preni peu ; on en gardait moins encore : le poison, qu'ils po talent toujours avec eux, les affranchissait de la son tude, et leurs femmes, qui combattaient à leurs c6t^ se tuaient pour ne pas leur survivre. Durs aux autr comme à eux-mêmes, s'ils étaient vainqueurs, ils coi paient la main droite de leurs captifs pour la consaer aux dieux. « Les Lusitaniens aimaient singulièreme les sacrifices, dit Strabon ', et les victimes étaient leii prisonniers de guerre. 9 C'étaient là de terribles enneno pour les Romains, et tous ces peuples de l'Espagn ajoute Strabon, eussent été invincibles, s'ils avaient 1 rester unis longtemps dans une commune résistance.
Ils commirent, en 185, l'imprudence de livrer près < Tolède une grande bataille qui ne leur coûta pas moi] de trente-cinq mille hommes. Les Yaccéens et les Luf