Gh. III, 8t. GO
menacé par les victoires d'Alphonse, avait appelé les Almohades à son aide contre le vainqueur d'Ouriqué. Ceux-ci 8*étaiént élancés sur l'Espagne, avaient soumis en peu de temps la plus grande partie de TAlgarve, Almena, Gordoue, Séville, Grenade, et avaient forcé les débris des Almoravides à chercher un refuge dans les Baléares: Jusqu'à la mort d'Abdelmoumen, les Portugais, il est vrai, n'avaient eu à combattre que quelquesuns de ses lieutenants : les chevaliers d'Alphonse avaient lutté vaillamment contre ces ennemis nouveaux, et Bernard Froias, qui les commandait, avait justiGé dans cette lutte son surnom de Cid portugais. Mais le successeur d*Abdelmoumen, Yousouf, après avoir étendu sa domination jusqu'aux bouches de l'Èbre, en triomphant, dans TEiSpagne orientale, de tous les Musulmans qui lui étaient rebelles, songea à profiter du grand âge d'Alphonse, et de raflTaiblissement que la guerre contre les Espagnols venait de causer au royaume de ce prince. Il réunit toutes ses forces, envahit le Portugal et s'avança jusqu'à Santarem. Le fils du roi, dom Sanche, s'y enferma et s'y défendit avec vigueur. « Le vieux monarque habitait alors, dit Gamoens, la cité qui voit reverdir ses prairies sous les eaux du Mondégo (Coïmbre). C'est là que, dans un noble loisir, il oubliait les fatigues de sa longue et laborieuse carrière. Mais il apprend le danger de son fils. Sa force renaît; tout le feu de la jeunesse s'est rallumé dans son cœur. Il vole, il arrive avec ses vieux compagnons d'armes au secours de dom Sanche ^..w Par une marche rapide, Alphonse réussit à rejeter les ennemis sur la place, tandis que dom Sanche, prévenu de l'arrivée de son père, en sortait pour les combattre. Surpris et déconcertés, les Maures ne firent qu'une faible résistance et laissèrent sur le champ de bataille un grand