‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 47 sur 240 · Ch. Ylll, 8t · texte numérisé non relu

Ch. Ylll, 8t

roi de Léon. Les Porlugais se virent tout à coup assiégés par une armée chrétienne dans cette ville de Badajoz qu'ils venaient d'enlever aux infldèles. Le jour du combat était arrivé, lorsque, en sortant de la ville, Alphonse fut poussé par son cheval sur une porte de fer avec tant de violence, qu'il en reçut une dangereuse contusion. Affaibli par sa blessure, il n'en livra pas moins la bataille ; mais il la perdit, et tomba entre les mains des Espagnols ' . Don Fernand, une fois vainqueur, lui témoigna tout le respect d*un fils, et n'exigea de lui aucune rançon : il se contenta de la restitution des domaines contestés.

Le roi de Portugal avait alors soixante-quinze ans. Il survécut néanmoins à cet événement malheureux, et les Musulmans lui fournirent une nouvelle occasion de déployer toute sa valeur dans des circonstances mémorables.

Guen^e cont7*e les A Imohades, — C'était encore en Afrique que l'orage s'était formé. Un fanatique, Mohamed-ben- Abdallah, qui prétendait ramener sur la terre le règne de la justice et de la vertu, avait annoncé qu'il était temps de revenir à la morale et aux préceptes de Mahomet pour restaurer Tislamisme, compromis par les vices des Almoravides. Ses prédications avaient attiré autour de lui une foule de tribus qui s'étaient réunies sous le nom d'Unitaires ou de MouhahedinSy d'où Ton a fait le nom (ÏAlmohades, Son successeur, Abdelmoumen, s'était empressé de donner à la secte une organisation militaire, avait enlevé rapidement aux Almoravides leurs possessions d'Afrique: Salé, Fez, Tlemcen,Oran, Maroc, tout le Magreb ; et c'était alors qu'un wali de l'Algarve, partisan des nouvelles doctrines religieuses, se voyant

Page 1