Ch. m, Rt. 82 et
2. Ce fut à roccasion des inYasions des Almoravidet et des Almohades que se Tormèrent en Espagne, comme eo Portugal, eei ordres religieux et militaires qui donnèrent une vive impulsion à la eroiiide. — Deux moines de Ctteaux étaient venus à la cour de CastiUe poar traiter d'affaires (llS3);run d'eux, appelé Raymond deFitero, olIHI & Sanche 111 de dérendre Calatrava contre les Maures. Il tint parole; il reçut la ville pour récompense, alla chercher vingt mille hoomiei dans son abbaye et aux environs et les établit dans les dépendaneei de Calatrava. Ainsi commença V ordre militaire de Calatrava^ qui «fait pour distinction une croix de gueules fleurdelisée de sinople, Meoetée en pointes d'entraves et placée sur Testomac. — Vordre de Saimi- Jacquet suivit de quelques années (1161). Depuis longtemps on Tenait en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle comme on allait à Jérusalem. Mais au milieu d'une guerre continuelle, et sous la terreur des Maure», les chemins n'étaient pas plus sûrs qu'en Asie. Les ehanoinea de Saint-Éloi avaient bâti des hôpitaux sur toute la route ; plot tard, quelques gentilshommes de Castille mirent leurs biens en eommun et se chargèrent de protéger les pèlerins. Le roi de Léon, Ferdinand 11 (1157-1187), confirma leur résolution et leur donna pour armoirie une épée ensanglantée en forme de croix. — • Enfin, en 1176, des chevaliers de Salamanque fondèrent, sous le nom de Saint-Julien-du-Poirier, un ordre militaire qui fut confirmé, en ti97, par Célestin III, et qui adopta la règle de saint Benoît. Il arait été primitivement établi non loin de Ciudad-Rodrigo; mais, après la prise d'Alcantara sur les Maures (1214), les chevaliers de Calatrara, chargés de défendre cette ville, la donnèrent à l'ordre de Saint-Juliendu-Poirier, qui prit dès lors le nom d'ordre d'Alcantara. — Voy. V Histoire du moyen (^ge de M, Gaillardin.
APBRÇU DE L'HISTOIRE DE PORTUGAL. loi
Michel, qui s'éteignit de bonne heure. 11 avait aussi tiré de robscurité une corporation qui s'était formée à Goimbre, et lui avait fait donner, par deux moines, la règle de saint Benoit, d'après la réforme de Citeaux : tous les membres promettaient de vivre dans le célibat et de faire la guerre aux infidèles : on les appelait d'abord la nouvelle milice (1147). Lorsqu'il eut conquis Evora, il leur en donna la garde (1 166), et ils prirent le nom de chevaliers d'Evora jusqu'à l'époque où, le château d'Avis leur ayant été concédé, ils devinrent V ordre (TAvàf qui accomplit une glorieuse carrière.
D. Sanohe I«>- (1185*1211).
Le fils aîné d'Alphonse étant mort avant son père, ce fut le second de ses fils, dom Sanche, qui lui succéda. Il avait trente et un ans lorsqu'il fut couronné à Coïmbre, le 9 décembre 1185. 11 avait donné des preuves de sa bravoure en maintes circonstances. Dès l'année 1178, il avait pris le commandement d'une armée de douze mille hommes, avait battu les Maures sur le territoire de Séville, et avait ensuite dégagé la ville d'Ëlvas, assiégée par eux. Nous venons de voir aussi comment il était sorti vainqueur des murs de Santarem^
Il illustra le commencement de son règne par la conquête de l'Algarve. « Il avait formé, dit Gamoens, le hardi projet d'enlever aux Musulmans et les remparts de Sylves et ses plaines encore sillonnées par le soc des Barbares. U fut puissamment secondé par une escadre formidable qui, des confins de la Germanie, portait en Palestine des armes et des soldats. — Les désastres de la cité sainte avaient consterné l'Europe. Le Nord s'était ému, et la