‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 65 sur 240 · Ch. VIII. 8t · texte numérisé non relu

Ch. VIII. 8t

?. Jean avait donné Tordre à la flotte portugaise, raisemblée ai Porto, de venir au secours de Lisbonne. \\ s'agissait de fbroer 1 barre et d'entrer dans tes eaux du Tage, malgré la flotte eisiUUB qui croisait devant le port. Le combat fut long et sanglant. Ru; Pereira, s'apercevant que la flotte castillane, beaucoup plus nombreua quu la flotte portugaise, manœuvrait pour Tenvelopper, fit des pro diges de valeur pour rompre le mouvement de l'ennemi. Il réoMit les Portugais se flrent jour à travers les Espagnols ; mais Ruy Pereir périt victime de son dévouement.

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La régente, en dépit des nobles partisans qui lui restaient, avait dû quitter le Portugal.

Le moment favorable était arrivé. Les cortès natiotioDales furent solennellement convoquées à Coïmbre, afin de pourvoir à la vacance du trône. La question de droit fut longtemps et violemment débattue; le fils d*bez et le roi de Gastille lui-même eurent des défenseurs éloquents. Le savant Jean das Regras plaida avec ehaleur la cause du grand maître d*Aviz, le libérateur du ptys. Mais l'assemblée balançait encore, lorsque Nuno Alvarès, irrité d'une hésitation qui pouvait devenir un f^os, sortit brusquement du lieu des séances, et, Fépée ^la main, courut haranguer le peuple, que le haut in- ^rèt des circonstances avait rassemblé sur la place. ^ acclamations furent si vives que les notables, in- ™idés ou entraînés par la voix du peuple, décernèrent ^'écîdément la couronne à dom Juan.

Jeanl«r ((385-1433).

Tandis que la proclamation solennelle du nouveau ^' 8e faisait à Coïmbre, le roi de Gastille, la contestant, préparait contre le Portugal une invasion beaucoup plus f^ou table que les précédentes*. Il ne tarda pas à avancer dans TAlemtejo, à la tète d'une armée d'environ 'l^nte-trois mille hommes, et envoya une flotte considérable mouiller devant le port de Lisbonne. Jean !•' *J ^vait pas d'armée régulière ; mais il avait pour lui *^our et l'exaltation de la nation, a II n'estjfort que "® son courage, dit le poëte, mais son courage est pour ^ la chevelure de Samson '. A son appel et à la ^^*x de Nuno Alvarès', récemment revêtu du titre de

'• Cil. IV, 81. 8, 9, 10 el II.

*• Ch. lY, 81. 12.

* Cil. lY, 8l. 14 ei sulv. jusq. 8t. îî.

connétable, onze mille guerriers se réunirent, et, après quelques escarmouches presque toujours heureuses, osèrent se ranger en présence du Castillan, le 45 août 4385, non loin du village d*Aljubarota. Camoens, dans le récit épique qu'il a fait de cette action mémorable, nous a donné les renseignements les plus précis sur les dispositions et Tordre de bataille de la petite armée portugaise : « L'avant-garde est guidée par un héros qui (( méritait de conduire les formidables armées dont « Xerxès couvrit jadis THellespont, par Nuno Alvarès, le c fléau de la Gastille, comme Attila le fut autrefois de c( la Gaule et de Tltalie. L'aile droite est sous les ordres a de Yasconcellos. Consommé dans Tart de la guerre, (( chéri du soldat, il saura le conduire à la victoire. 0 L'aile gauche obéit à Yasquez d'Almada : le titre de (1 comte d'Avranchez sera le prix de sa valeur... A Tar- « rière-garde se déploie l'étendard royal avec ses tours € et ses cinq écussons. Il précède le roi Jean, dont les ff exploits seront enviés du dieu Mars * » . Les Espagnols avaient, parait -il, seize pièces d'artillerie, les premières qu'on eût encore vues en Portugal. Les décharges de ces nouvelles machines produisirent, au premier moment, un certain trouble dans les rangs portugais, et Nuno Alvarès, en ralliant ses troupes et les ramenant à la charge, se trouva cerné et faillit périr*. Ce fut le roi qui le sauva'. Il s'en fallut de bien peu que le roi lui-même ne succombât. A l'instant où il voulait frapper de sa hache un intrépide Castillan du nom de Gonçalez de Sandoval, celui-ci lui arracha son arme pesante avec une telle vigueur qu'il le fit tomber de cheval,

les genoux en terre, et c'en était fait de lui, si deux d^

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