‹ CAMOENS ET LES LUSIADESChapitre 80 sur 240 · Ch. V, 8t.66 et · texte numérisé non relu

Ch. V, 8t.66 et

bouchure d'un grand fleuve qu'il nomma /Zewre des Itots,^ parce qu'il le découvrit le jour même où l'Église honore la mémoire des rois mages; il y reçut des habitants une bienveillante hospitalité, mais ils furent pour lui comme un peuple muet. « Ainsi, dit Garaoens, il mesurait péniff blement ce long rivage, demandant partout des noû- « velles de l'Orient et n'en recevant jamais*. »

En quittant ce fleuve, il se mit à naviguer à une grande distance de la terre pour é^^ter les courants contraires, de sorte qu'il laissa sur sur son passage , sans la remarquer, l'opulente ville do Sofala', dont la connaissance lui eût été utile. Partagé entre la crainte et l'espoir, il se sentait fatigué d'une si longue attente^, lorsque, ramené vers le rivage par un vent favorable, il se trouva à. l'entrée d'un grand fleuve, dont les rives fertiles étaient habitées* par un peuple navigateur*. Cette rencontre imprévue ranima toutes ses espérances, et cette fois du moins elles ne furent pas trompées. Quoique les habitants de ces rives appartinssent encore à la grande famille des noirs , ils semblaient avoir l'habitude de communiquer avec des nations policées : ils se servaient de certains vêtements et à leur langage se mêlaient quelques mots arabes^. Un des compagnons deGama, nommé jNartinez, qui savait l'arabe, put les comprendre; ils lui dirent que des vaisseaux aussi grands que ceux des Por-

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