Ch. V, 8t
que Barthélémy Diaz avait nommé le cap des Tempêtes ^ Il n*eut pas à courir dans ces parages tous les périls qu'il en redoutait : Osorius, il est vrai , parle d'un orage épouvantable qui faillit alors ensevelir sous les eaux la flotte tout entière ; mais Thistorien Barros, dont l'exac^ titude est ordinairement parfait^, n'en parle pas, et nous avons expliqué, dans notre notice IMénure sur le poëme des Lusiades, comment il faut entendre la magniflque description, qu'a faite Gamoens, de ce passage du cap. Peu après, les vaisseaux furent mis à lancre et plusieurs Portugais descendirent à terre ; les pasteurs qui habitaient le pays, vinrent les trouver, leur offrirent une hospitalité aussi simple que leurs mœurs', et reçurent des présents en échange des poules et des moutons qu'ils amenèrent sur le rivage. Mais ils ne purent donner à Gama aucun éclaircissement sur la direction qu'il devait suivre, sur les contrées auxquelles il aspirait. Il lui fallut reprendre une course inconnue. Ge fut alors qu'il ordonna de débarrasser et d'incendier le bâtiment commandé par Nunez et de munir chaque vaisseau de ses provisions et de ses munitions particulières. En s'éloignant de cette côte , il subit une tempête si terrible que les matelots épouvantés abandonnèrent la manœuvre pour se préparer à la mort ; mais les trois navires résistèrent; le beau temps revint et Ton dépassa bientôt la petite lie de Sainte-Groix , située à soixante-deux lieues du cap et qui avait été le point extrême de la navigation de Barthélémy Diaz^ Malgré des courants impétueux qui contrarièrent la marche dos journées suivantes*, Gama parvint devant la côte de Natal et pénétra dans l'em-