‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 24 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

vaisseaux et les frégates ne trouvent de fond qu’à trois cents mètres de la côte. L’eau est abondante à trois pieds au-dessous du sol. Autour de Torre-Chica seulement se trouvaient des traces de culture; des haies d’aloès et de raquettes séparaient quelques champs semés d’orge ou plantés de légumes qui devaient suffire à la nourriture du Derviche, chargé de la garde du tombeau du marabout. Le fond de la baie dans laquelle la flotte était mouillée est assez bon , mais elle est ouverte aux vents de nordouest qui soufflent avec tant de violence dans ces parages, et elle est impraticable, par cette raison, pendant plusieurs mois de l’année. Celle de gauche a moins de fond ; plusieurs bâtiments légers, tels que des bricks, purent seuls y mouiller pour appuyer les mouvements de nos troupes. Le pays en avant de la presqu’île continue à être plat et se prolonge ainsi jusqu’au pied de la chaîne du petit Atlas ; à gauche, dans la direction d’Alger et aux approches de cette ville, il devient accidenteux et montueux. De la terrasse de Torre-Chica on le

découvre au loin, et on aperçoit le Boud- Jearali qui domine Alger.

Les broussailles fournirent amplement aux besoins des bivouacs; mais les troupes, harcelées dans le jour par une cavalerie nombreuse, ne purent y goûter les douceurs du sommeil pendant les premières nuits. La crainte d être surpris par l’ennemi fit rester sous les armes; et c’est ainsi, et formés en carrés, que nos soldats assis sur leurs sacs furent exposés à la fraîcheur pénétrante des nuits, et repoussèrent les attaques des Bédouins. Chaque rang veillait alternativement, tandis que les deux autres se livraient au sommeil. Ils étaient de plus protégés par une enceinte de faisceaux de lances assemblées trois à trois, et fixées solidement par des chevilles et un anneau en fer. Ce rempart mobile était d’un grand secours et avait rendu de grands services dans la campagne d’Egypte. Le général Valazé avait particulièrement exercé les compagnies de sapeurs du génie sous ses ordres, à se servir de ce moyen de défense, et plus d’une fois ces braves à la tête de nos colonnes facilitèrent

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