‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 33 sur 110 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de canon, pointés avec adresse, n’avaient pas peu contribué à mettre le désordre dans les rangs ennemis. Le général Clou et se loua beaucoup du lieutenant Delamarre , qui, avec ses deux pièces, avait pris une grande part au succès de sa brigade, et le général Loverdo ne donna pas moins déloges au capitaine Lelièvre , commandant la batterie d’obusiers de montagne; les canonniers de cette batterie portaient les munitions, et traînaient les pièces à la bricole, les mulets n’étant pas encore débarqués. Le lieutenant V ernier marcha aussi constamment avec ses deux obusiers de à hauteur des tirailleurs du général Berthezène; enfin l’artillerie décida dans cette journée la question entre l’ancien et le nouveau système : et sa nouvelle manière de combattre avec les tirailleurs acquit à celui-ci une supériorité bien marquée sur l’ancien.

Au moment ou nous parûmes en vue de Staouëli, ce camp était évacué par les Algériens qui fuyaient dans toutes les directions. Nos tirailleurs y furent bientôt, et ils trouvèrent les tentes remplies de tout ce

qu’y avaient apporté les Algériens depuis le commencement de la campagne; plusieurs d’entre eux eurent la main heureuse , et s’appliquèrent le proverbe qui dit que tout ce qui est pris à l’ennemi sur un champ de bataille est de bonne prise. Pour la première fois nous vîmes des chameaux ; l’ennemi dans la rapidité de sa fuite n’avait pu les emmener, et on en trouva une grande quantité dans le camp ; on les rassembla en troupeaux, et ils furent immédiatement dirigés sur Sidi-Ferrucli. L’apparition de cet animal extraordinaire excita une hilarité générale, nos soldats ne tarissaient pas en plaisanteries sur leur compte; et ils oublièrent bientôt et les fatigues de la journée et les Algériens pour ne penser qu’aux chameaux. Plus tard on voulut les utiliser, et on en fit une distribution régulière aux corps et aux officiers sans troupe comme un moyen de transport; mais ils rendirent peu de services, parceque leurs conducteurs n’avaient ni la douceur et la patience des Arabes pour les diriger, ni leur adresse pour les charger. Ils y renoncèrent presque tous, et donnèrent

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