CHAPITRE III
général s’était vu obligé, pour ne pas faire faire un mouvement rétrograde à ses troupes, d’occuper avec sa brigade, composée des 20e et 28e de ligne, les hauteurs dont les Algériens avaient été débusqués; de manière que cette brigade se trouvait faire une pointe en avant de toute l’armée , et le général Berthezène demandait du renfort pour la soutenir, et des instructions pour se porter en avant.
Les choses en étaient là , lorsque le général en chef arriva sur le champ de bataille avec son état-major pour juger par lni-même du parti qu’il y avait à prendre. Son intention n’avait pas été d’abord de donner suite à cette affaire, parceque le débarquement du matériel n’était pas assez avancé, et que nous n’avions encore qu’une petite partie de nos chevaux; mais lorsqu’il eut bien j ugé son terrain , qu’il vit que l’ennemi, dont les forces étaient imposantes, paraissait ébranlé par la bonne contenance de nos bataillons, et que le soldat était plein d’ardeur pour continuer une journée si bien commencée, sa résolu-
tion fut bientôt prise. L’ordre avait été donné à trois régiments de la division d’Escars de se porter sur le champ de bataille; aussitôt que la tête de leurs colonnes parut, le général Loverdo, qui s était formé en échelons par brigades, l’aile droite en avant, se mit en marche; et lorsqu’il eut décrit une conversion qui le ramenait à la hauteur de la division Berthezène, qui était à sa gauche, le général en chef, placé au centre de la ligne, donna le signal de l’attaque, et les troupes s’ébranlèrent au pas de charge et aux cris de vive le Roi ! L’enthousiasme de ces braves était à son comble; l’ennemi, débusqué de toutes ses positions, fut mis en déroute, et quelques coups de canon tirés des batteries fraîchement faites en avant de Staouëli soutinrent seuls sa retraite. Ces batteries furent enlevées par le 20e, et le général en chef adressa à ce sujet des félicitations à ceux qui y étaient entrés les premiers, et leur promit des récompenses. On y trouva huit pièces en bronze et plusieurs autres en fer.
Notre artillerie se multipliait par la rapidité de ses mouvements ; plusieurs coups