‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 48 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

au grand étonnement de tout le monde, le rideau, occupé la veille par les Algériens sur la droite, était évacué. Les batteries dont le feu nous avait si fort incommodés les jours précédents étaient détruites, et les pièces renversées dans les chemins creux. La troisième division seulement fut engagée, et chassa l’ennemi de positions en positions. Malgré les difficultés du terrain, les Turcs furent culbutés ; leurs tentes et leurs batteries tombèrent en notre pouvoir. Après un moment de halte pour rétablir l’ordre dans les colonnes, nos voltigeurs gravirent avec une nouvelle ardeur une hauteur escarpée ou lennemi s’était retranché, et les bataillons des Ier et 9e d’infanterie légère de la brigade Bertier de Sauvigny volèrent au secours du 21e, qui était fortement engagé. Les Turcs surpris dans leurs maisons, et poussés par leur fanatisme religieux, égorgèrent leurs femmes et leurs enfants plutôt que de les voir tomber entre nos mains. Rien ne put arrêter l’élan de nos soldats ; et malgré les haies d’aloès et de nopals qui déchiraient leur chaussure, les ravins furent franchis, et à

six heures la troisième division couronnait

les hauteurs du Boud-Jareah.

Sur la droite, le peu de connaissance que l’on avait du pays rendit la marche incertaine. On cherchait depuis long -temps le château de l’Empereur, et on ne pouvait le découvrir-, cependant nous avions à notre gauche les hauteurs du Boud-Jareah, et la partie rentrante de la baie se développait à notre droite. Dans cet endroit, le pays est coupé par des vallées d’une grande profondeur; leurs pentes sont très rapides et d’un accès difficile par la quantité de jardins et de haies qui les couvrent. Nos colonnes arrivaient sur les sommets, et étaient obligées de descendre à une grande profondeur, pour reparaître à une très petite distance sur la hauteur opposée. Il s’ensuivit de l’indécision dans la marche et presque du désordre. L’artillerie sur-tout éprouva de grandes difficultés : sans son nouveau matériel, elle ne serait jamais parvenue à les vaincre. Enfin , après bien des marches et des contre-marches, on vit le château de l’Empereur, et son canon nous salua. Le duc d’Escars fit un

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