CHAPITRE IV
Pont-de-Gault du 35e, à la tête de la réserve, se fit jour à la baïonnette, chassa l’ennemi , après en avoir fait un grand carnage.
Le petit bois de l’extrême gauche et la maison crénelée furent le théâtre de continuelles attaques. M. le duc d’Escars s’y montra constamment, et y donna de nombreuses preuves d’un courage froid et tranquille.
Je ne crois pouvoir mieux faire son éloge qu’en laissant parler un des officiers de sa division 1 : «Le lieutenant-général duc d’Es- « cars s’acquit de nouveaux titres à la con- « fiance de l’armée. Quand on le vit, où le « péril était le plus grand, donner l’exemple » de la plus belle bravoure et les ordres les «plus sages, ménager la vie du soldat et ex- «poser la sienne, pleine et entière justice «fut rendue. L’on ne s’aperçut qu’il était « homme de cour et grand seigneur qu a son « excessive politesse ; et sa division recon- « naissante h a pas oublié que le premier « soin , après la victoire du général qui avait
1 M. Théodore de Quatrebarbes ( Souvenirs de ta Campagne d’Afrique).
« partagé tous ses dangers , fut d’établir un « hôpital pour ses blessés et ses malades , tan- « dis que ceux des autres divisions bivoua- « quaient encore sous la tente. »
Le 28, le général en chef se croyant en mesure de faire l’investissement d’Alger, dont nous n’étions plus qu’à une lieue et demie, quitta Staouëli dans l’après-midi. Le général Loverdo suivit son mouvement dans la soirée avec la brigade d’Arcines, et il laissa au camp le i5e de ligne. M. de Bourmont se porta à la maison ou était le quartier-général de la troisième division, pour observer l’ennemi de la terrasse qui la dominait, et se concerter avec M. le duc d’Escars relativement à l’attaque du lendemain. L’ordre fut donné à toute l’armée d’être sur pied de très bonne heure.
Le 29 , à trois heures du matin , l’armée se mit en mouvement sur trois colonnes marchant de front. L’aile droite était aux ordres du général Loverdo, n’ayant que deux brigades. Au centre était la division Berthezène, et la division d’Escars formait l’aile gauche. On marcha en bon ordre et en silence, et,