‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 52 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que par-tout quarante pieds delévation et dix pieds d’épaisseur, ne sont pas protégées par un fossé. Un retranchement en maçonnerie, formant réduit, protège le côté ouest. Une tour ronde s’élève au centre de la plateforme et domine le tout. Il était alors armé de cent vingt bouches à feu. Les Algériens auraient dû porter tous leurs moyens de défense sur le rideau qui domine ce fort, et dont nous nous emparâmes le jour de l’investissement, ainsi que sur les hauteurs du Boud-Jareah qui commandent le pays environnant Alger ; mais ils apportèrent dans la défense de leur capitale la même ignorance des principes de la guerre que durant la campagne, et ils ne surent jamais que se faire tuer bravement.

Dans la nuit du 29 au 3o juin, la tranchée fut donc ouverte à environ six cents mètres du fort. Les fatigues de la journée ne permirent pas de disposer de plus de trois bataillons pour ce service ; mais les jours suivants deux bataillons étaient commandés de travail, et cinq autres pour protéger les travaux. Ces derniers étaient relevés toutes

les vingt-quatre heures, et les travailleurs toutes les douze heures. Les maisons a et b furent crénelées et liées entre elles par des boyaux.

L’investissement de la place n’était pas complet ; la communication de la ville avec le chemin de Gonstantine et celui qui borde la baie était libre. L’ennemi avait un fort rassemblement de cavalerie sur le bord de la mer, près des réservoirs ; ces troupes semblaient postées là pour protéger le départ de ceux des habitants qui ne voulaient pas s’exposer à toutes les chances désastreuses d’un siège. La garnison pouvait aussi recevoir par ce moyen et des troupes fraîches et des munitions de toute espèce ; il était donc nécessaire de s’étendre de ce côté jusqu’à la mer. A cet effet, le général Desprez, chef de létatmajor-général de l’armée, fut envoyé le 3o au matin avec deux petits bataillons d’infanterie légère et deux obusiers de montagne , pour pousser une reconnaissance à fond dans la direction du chemin de Gonstantine. Il déboucha par le Consulat de Suède , sous le feu du fort de l’Empereur,

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