‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 53 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

dont il n’était pas à plus de six à sept cents mètres, et parvint après une marche très pénible à couronner les hauteurs qui dominent la superbe maison de campagne de l’Aga des janissaires ; le fort de Bab-Azoun et les batteries de la baie lui envoyèrent des bordées. Leurs murs de clôture avaient été percés, afin de pouvoir se servir contre nous de l’artillerie qui d’abord n’était destinée qu’à armer les embrasures tournées du côté de la mer. Après avoir donné un moment de repos à sa colonne, le général Desprez, qui avait eu le temps de bien étudier cette partie des environs de la place, battit en retraite en bon ordre, et maintint à bonne distance les Algériens qui voulaient le suivre.

On renonça dès-lors à faire un investisse-

ment complet ; il nous aurait fallu pour y parvenir sept ou huit mille hommes de plus, et déjà l’armée était trop faible sur plusieurs points, car elle n’avait devant Alger que trente bataillons. La porte de Bab-Azoun resta donc libre, et toute l’attention se porta

IOO CAMPAGNE D’ AFRIQUE.

sur le fort de l’Empereur. Personne ne doutait qu’une fois ce rempart d’Alger réduit, la ville ne tarderait point à se rendre.

Au jour on était établi sur un développement de près de mille mètres; le point de la tranchée le plus rapproché du fort (c) avait fixé l’attention de l’ennemi, on fut obligé de l’évacuer pendant quelques heures pour donner le temps aux tirailleurs de rendre leur logement tenable. Ce fut là que M. Chambaud, chef de bataillon du génie de service dans la tranchée, fut blessé à mort par un biscaïen. Cet officier était très estimé, et le général Valazé en faisait le plus grand cas. La garnison voyant dans ce mouvement de retraite un commencement de fuite, fit une sortie, mais elle fut repoussée avec vigueur par les compagnies de garde, et un bataillon du 49e chassa à la baïonnette les Turcs qui étaient parvenus à s’emparer du Consulat de Suède.

Le feu de la place nous faisait éprouver des pertes considérables; on pressa les travaux pour démasquer le plus tôt possible les

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