‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 96 sur 110 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

une haute réputation. Elle la devait entièrement à la Restauration, aux quinze années de paix qui l avaient suivie; un avancement extraordinaire parmi les officiers en avait été la conséquence; et tous ces bienfaits étaient oubliés ! et l’étendard de la révolte allait être salué avec transport par ces mêmes officiers ! Ali! que nous eûmes à souffrir de 1 ingratitude de ceux qui avaient été comblés par le pouvoir renversé! Dès ce moment il y eut scission dans l’armée. Ceux d’entre nous qui déploraient les malheurs de la famille qui venait de donner quinze ans de prospérité à notre patrie, virent avec effroi l avenir qui était réservé à la France. Ils se séparèrent de ceux qui étaient décidés à adopter toutes les conséquences de la révolution.

Le discours du Lieutenant -général du Royaume , lors de l’ouverture de la session , fut lu avec avidité; on le commenta, et tout le monde, à l’exception d’un très petit nombre d’individus qui probablement étaient dans le secret de ce qui devait se passer en France, tout le monde, dis- je, chercha à y

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trouver des garanties en faveur de l’héritier de la couronne. Ces mots, tous les droits seront reconnus , furent accueillis avec transport comme une dernière espérance ; les événements ont prouvé depuis combien notre erreur était grande!

La marine avait des ordres précis pour prendre le pavillon tricolore; mais l’Amiral fit dire au Maréchal que la flotte ne changerait de pavillon que lorsque le signal en serait donné par la terre. Tous les bâtiments arrivant de France amenaient même le pavillon tricolore lorsqu’ils étaient en vue de la baie, et hissaient le pavillon blanc.

Plusieurs conseils de guerre eurent lieu à ce sujet, et les discussions y furent très animées ; des officiers-généraux y exprimèrent les sentiments les plus nobles, et protestèrent hautement contre tout ce qui serait fait de contraire aux intérêts du jeune Prince devenu Roi parle fait de l’abdication de son grand-père et de son oncle.

Toute l’armée admira la noble conduite de M. le duc d’Escars, qui à la première nouvelle des désastres de la famille royale , ne

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