‹ Campagne dans le haut Sénégal et dans la haut Niger, 1885-1886Chapitre 29 sur 45 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le i 9 avril, à 3 heures du matin, une patrouille de spahis s'est avancée au delà du gué de Gagny, dans la direction de Moussala. Elle a échangé quelques coups de feu avec des cavaliers ennemis qui étaient postés en vedette de ce côté.

Par le grand nombre de feux dont ils aperçoivent les lueurs au-dessus de Moussala, par le tumulte confus qui règne et dont le bruit arrive à leurs oreilles, les spahis conjecturent qu'une partie de l'armée du marabout est campée non loin de ce village. . Au point du jour, les cavaliers d'Oussouby, au nombre d'une trentaine, appuyés par quelques spahis, poussent une reconnaissance jusqu'à Moussala. Leurs rapports confirment ceux de la nuit : un rassemblement de plusieurs milliers d'hommes et de plusieurs centaines de chevaux a en effet récemment stationné autour de ce village; puis, diaprés les traces laissées, ces bandes se sont éloignées du fleuve, se dirigeant vers l'intérieur.

 10 heures du matin , le poste détaché des tirailleurs, les spahis en vedette, et l'observateur de l'échelle mirador signalent à la fois que des masses de cavalerie et d'infanterie marchent sur le camp.

En quelques minutes, les abris sont renversés; chacun est à son poste de combat; les chefs de colonne au centre de leur troupe; le commandant supérieur sur l'échelle , d'où il embrasse tout le camp et peut suivre les mouvements de l'ennemi.

Mahmadou Lamine, renseigné par ses espions sur la position exacte de nos troupes, s'est avancé pendant la nuit avec son armée jusqu'à Moussala. Puis, après avoir fait sa jonction avec les contingents des villages du Guidimakha, il s'est porté de ce point, à la tète de cinq à six mille hommes, par un long détour à travers bois, sur un emplacement situé à quelques kilomètres du fleuve, à hauteur du camp. Là, il donne ses ordres de combat.

La masse des ennemis s'ébranle en trois colonnes. L'une, composée de plusieurs centaines de cavaliers et d'un gros de fantassins, se dirige sur un large marigot à sec, à cinq cents mètres du camp, sur le

chemin de Kayes. Elle est chargée de couper la retraite, de ne pas laisser échapper un seul homme qui puisse porter à Kayes la nouvelle du désastre qui est réservé à la colonne française.

La deuxième, la plus nombreuse, composée de plusieurs milliers de fantassins, débouche d'un pli de terrain qui se trouve à mille mètres environ du camp. Elle s'avance sur un front de deux cents mètres et sur une très-grande profondeur. En première ligne, au centre, flotte Tétendard du prophète, que Lamine a confié à la giarde de 400 Diafounounkés, les plus braves et les plus résolus des Sarrakholais.

C'est la colonne d'attaque; elle marche droit sur le camp.

Enfin un troisième groupe, composé, comme le premier, de fantassins et de cavaliers, forme l'aile gauche et s'avance, en échelon, en arrière de la colonne d'attaque.

A cinq cents mètres, celle-ci se déploie sur un très-grand front, en forme d'arc de cercle, et fait une première décharge générale à laquelle il n'est pas répondu. La forte position du camp, le moral des troupes, aguerries par plusieurs combats, permettent d'attendre l'ennemi à petite distance. Étonnés de cette attitude, les premiers rangs enne-

mis hésitent un instant; ils rechargent les armes; puis, poussés par le flot des assaillants qui viennent enarrière, ils reprennent leur mouvement, lente« ment, en se dissimulant le plus possible dans les herbes* Tout en marchant, ceux qui sont en avant font feu, puis, ralentissant le pas pour recharger leurs armes, sont dépassés par d'autres qui font feu àleur tour; tous s'avancent ainsi, formant une houle humaine, que précède une ligne de feu et de fumée.

L'ennemi n'est plus qu'à trois cents mètres du camp : il va prononcer son attaque; accélérant le mouvement, il s'élance en avant avec des cris sauvages.

Trois salves retentissent, nettes, stridentes, comme un déchirement de l'air.

Puis le silence se fait.

Gomme un champ d'épis qui est couché au passage de la rafale, cette masse s'abat à terre; mais elle n'en continue pas moins de s'avancer, cette fois presque en rampant. En même temps les deux corps des ailes se rabattent sur le camp, hâtant le pas pour concourir à l'attaque.

Le feu est repris sur toutes les faces; les pièces de la deuxième section d'artillerie tirent à mitraille; celles de la première section envoient des obus sur les réserves ennemies.

Le drapeau blanc, plusieurs fois abattu , plusieurs fois relevé, tombe enfin à trente mètres de l'infanterie de marine. C'est le signal de la retraite.

La 2' compagnie de tirailleurs, capitaine Ferrât, est portée à deux cents mètres en avant; elle achève, par un feu rapide, de jeter le désordre dans les bandes ennemies.

Bientôt la déroute est complète; et ce n'est qu'à une grande distance, hors de la portée de la vue, que l'ennemi se rallie par groupes isolés.

Quelques spahis partent au galop pour reconnaître le marigot; ils signalent qu'il n'est plus occupé. En même temps le reste des spahis et la 6* compagnie sont lancés à la poursuite de l'ennemi. Ils arrivent au gué de Gagny au moment où, au nombre de plusieurs milliers, les contingents de Guidimakha franchissaient le fleuve, embarrassés par les corps des morts et des blessés qu'ils emportaient avec eux; forcés par les feux du détachement à précipiter leur fuite, ceux-ci laissent tomber une partie de ces corps dans le fleuve.

Le marabout s'était tenu avec la colonne de l'aile gauche. Arrivé à un kilomètre du camp, il s'arrêta sous un arbre, laissant défiler devant lui ses guerriers dont il réchauffait le zèle au passage. Vers le milieu de laction, un obus tomba au milieu de sa

suite et tua ou blessa plusieurs cavaliers; le reste, sans attendre l'issue de la lutte, prit la fuite, entrai* nant Lamine dans la direction de Bakel '•

Cette journée fut pour les Sarrakbolais une journée de bien cruelle déception, après les promesses et les illusions dont le faux prophète les avait bercés. Mais celui-ci était versé dans toutes les ruses et dans l'art de séduire les esprits crédules. Ce désastre n'a pas abattu son orgueil, ni diminué son audace. Le jour même le voit avec la même assurance promettre aux chefs qui Tentourent une prochaine victoire, pendant qu'il écrit aux autres d'avoir à le rejoindre

> Mentionnons^ en regard du mode de combattre des Sarrakbolais, celui des Malinkais qui composent Tarmée de Samory.

Ceux-ci commencent d*abord, pour épouvanter l'adversaire, par pousser des cris de bètes sauvages; puis s'élancent au combat. Ils se livrent alors, en avançant, pour écbapper aux balles ennemies, à une succession rapide de sauts en hauteur et de bonds de côté ; se baissant, se couchant, se relevant aussitôt; en un mot, ne restant jamais une seconde en place. Si ridicule que paraisse ce mode de combattre, il a son explication; en effet, à la chasse comme & la guerre, tout noir qui ne veut pas jeter sa poudre aux moineaux, ne tire presque jamais qu'au posé; de sorte que lorsqu'il a, devant lui, un but qui se trémousse d'une manière aussi désordonnée, son feu manque complètement de justesse.

avec toutes leurs forces à Balou, d'où il est parti pour ses premiers succès. Il attribue la cause de rinsuccès au peu d'ardeur des uns, au manque de cohésion des autres dans l'attaque , et surtout au refroidissement de la foi de tous.

A midi les troupes ont repris leurs emplacements. Nos pertes sont insignifiantes, ce qui augmente encore la valeur du succès; l'ennemi ayant été obligé pendant la plus grande partie du combat de faire feu en se tenant courbé, ses balles, nombreuses, serrées, passaient au-dessus du camp, et allaient tomber dans le fleuve comme une pluie de grêlons. L'ennemi, au contraire, a fait de grandes pertes; une dizaine de cadavres sont trouvés devant la face de Tinfanterie de marine, autour du drapeau du marabout, qui porte comme devise : « Qui me voit, fuit. y>

Ces cadavres sont traînés jusqu'au fleuve par les auxiliaires, qui, au préalable, les mettent complètement à nu. Dans l'après-midi et le lendemain matin, d'autres cadavres furent encore trouvés à proximité du camp.

Enfin, ce qui atteste les grandes pertes de l'ennemi, ce sont les traces nombreuses laissées par les corps que celui-ci a emportés ou par ceux des blessés qui, mourants, se sont traînés loin du lieu du

combat. Aussi combien de Sarrakholais, surtout parmi les Diafounoankés, qui ne connaissaient pas le pays, moururent, dans les environs du camp, des suites de leurs blessures !

Avant le soir, les odeurs que répandaient leurs cadavres déjà décomposés avaient empesté Tair. Des nuées de vautours, au long cou décharné, étaient accourus de tous les points de Thorizon. Les courbes qu'ils décrivaient silencieusement, par places, dans le ciel, indiquaient la direction suivie par les fuyards. Enfin toute la nuit, des bandes de chiens errants, affamés, mêlèrent leurs hurlements aux glapissements sinistres des chacals et des hyènes, auxquels ils disputaient les cadavres ' !

1 Les guerriers considèrent comme un déshonneur d'abandonner le corps de Tun des leurs sur le champ de bataille. Ce sentiment les porte à accomplir des prodiges d*audace pour arracher leurs morts aux mains de l'ennemi. On s'explique ainsi le petit nombre de cadavres laissé parfois, sur le terrain, par l'adversaire à la suite d'un combat dans lequel il a cependant éprouvé de grandes pertes.

Nous ferons observer à cette occasion que, dans toute la Sénégambie, les indigènes ont le culte des morts. Ainsi, dans quelques régions, les amis du défunt ont coutume d'effectuer des parcours souvent énormes (cent kilomètres et au delà)^ pour aller porter leurs compliments de condoléance à la famille. Dans d'autres, les proches parents se relayent pour veiller la sépulture pendant les premiers jours qui suivent l'inhumation, afin d'empêcher les hyènes de venir déterrer les cadavres. Le plus grand outrage à faire à un ennemi

D'après les renseignements donnés par des Diafounounkés faits prisonniers, le marabout s'était dirigé sur Dramané. Le 20 avril , le corps expédies! de laisser, sans sépulture, les cadavres qu'il abandonne sur le champ du combat.

Nous avons vu que la caste méprisée des griots n'était pas admise, d'ordinaire, à inhumer ses membres dans le champ de repos commun.

Il est une autre catégorie de personnes qui sont l'objet, à leur mort, d'une mesure analogue; ce sont celles qui ont encouru la réprobation publique. Dans quelques villages de la côte des Esclaves, où la moralité n'est pourtant point la règle commune, on comprend dans cette catégorie les gens qui meurent sans avoir payé leurs dettes.

Leurs corps sont placés, pendant plusieurs nuits, sur de hauts tréteaux dressés dans un lieu affecté à cet usage, et. exposés ainsi à la voracité des oiseaux de proie.

Nous devons ajouter que les funérailles sont loin d'être célébrées partout avec la tristesse et le recueillement que doivent comporter, à nos yeux, de semblables cérémonies.

Ainsi, chez les Balantes, à la mort d'un homme, tout le village s'assemble et s'accroupit en cercle devant la case du défunt. Celui-ci, vêtu de ses plus beaux habits, est exposé au dehors, étendu sur une natte. Chaque femme, à tour de rôle, se détache du cercle et exécute autour du cadavre une danse lascive avec des ondoiements, des mouvements souples de hanche et de torse. Pendant ce temps, l'assistance accompagne la danseuse avec des battements de mains et des chants joyeux.

Chez les Djolas, les funérailles donnent lieu, de la part des femmes et des enfants réunis devant la case du défunt, à un

tionnaire se met en marche de Tombokané dans cette direction. A iO heures, il campe à Diane. La flottille, escortée par un peloton de tirailleurs,

assaut de bonds et de pirouettes, à la suite de chacun desquels l'exécutant doit se laisser choir sur le derrière, de la plus grande hauteur possible. Ces exercices burlesques sont suivis de danses et de copieuses libations.

Dans la Gasamance, ces cérémonies des funérailles dégénèrent souvent en farces drolatiques. Le docteur Plouzané nous a fait le récit suivant de l'une d'elles, à laquelle il a assisté : — Un soir, nous dit-il, de retour d'une partie de chasse, je regagnais le poste de Garabane^ en compagnie de plusieurs officiers de l'aviso l'Ardent, lorsque nous vîmes venir à nous, à une allure très-rapide, un groupe composé d'une cinquantaine de personnes, gesticulant, criant et gambadant à qui mieux mieux. En tète, marchaient quatre vigoureux gaillards, portant, sur les épaules, un brancard sur lequel reposait le corps à demi nu et déjÀ décomposé d'une jeune négresse.

Tout à coup une femme se précipite au-devant des porteurs et, arrêtant le convoi, s'adresse ainsi à la morte: « Pourquoi nous as-tu abandonnés ? N'étais-tu pas heureuse au milieu de nous? Tu as pensé, sans doute, qu'une vie meilleure t'attendait? G'est pourquoi tu nous a quittés. Tes vœux sont exaucés; réjouissons-nous-en tous avec toi. > Elle esquissa alors un pas chorégraphique des plus bizarres, puis le convoi reprit sa course. Poussés par la curiosité, nous nous joignîmes au cortège. — A l'arrivée au cimetière, nouvelle apostrophe, suivie, cette fois, d'une danse folle, furieuse, à laquelle tous, hommes, femmes, enfants, j compris les porteurs, se mêlèrent. Le corps lui-même, ballotté, cahoté en tous sens, tressautait sur sa couche, paraissant ainsi s'associer à la joie générale.

Il est impossible de concevoir un spectacle plus étrange que celui de ces êtres fantastiques, presque nus, avec des physionomies grotesques et terribles à la fois, qui, saisis du

n'y arrive qu'à 1 henre du soir, après une navigation des plus pénibles.

A cette époque de l'année, par suite du retrait des eaux, les roches qui, de distance en dislance, obstruent le cours do fleuve, sont mises à découvert et, Tormaot de véritables barrages, déterminent une succession de biefe de longueur et de profondear très-variables.

Pour effectuer le passage de ces barrages, chalands et pirogues sont déchargés, puis traînés sur tes roches glissantes pendant plusieurs cetitaines de mètres. La navigation est ensuite reprise à la perche, à la pagaye, ou à la cordelle, suivant la nature des Tonds et des bei^s.

Pour dégager l'emplacement et les abords du camp de Diane, le Teu est mis à la brousse épaisse qui a envahi jusqu'aux premières cases du village; il se communique comme une traînée de poudre aux herbes et aux broussailles, en ce moment d'une extrême sécheresse. Un tirailleur qui, autant par fatigue que

même délire, pousiaat des cria gutturaux, des sifflements aigus, semblaient, dans ce tournoiemeut sinistre, une bande de démons déchaînés exécutant une danse macabre.

Saisis par les mains, par la taille, par le cou, nous filmes, à noire tour et malgré notre résistance, entraînés dans cette ronde échevelée, vertigineuse, qui ne cessa que lorsque, les uns après les autres, les danseurs épuisés, haletants, tombèrent à terre, inertes, sans mouvement.

374 CAMPAONK DANS LE HAUT StNËGAL

par paresse 9 pour ne pas prendre part aux travaux d'établissement du camp, s'était écarté du chemin , à quelques centaines de mètres avant d'arriver au camp, et s'était couché au milieu des hautes herbes, fut surpris par les flammes. C'est par l'explosion de ses cartouches que l'on connût le danger qu'il courait; mais lorsqu'on arriva jusqu'à lui, on ne trouva qu'un corps entièrement carbonisé.

Dans l'après-midi, le colonel reçoit la visite de Dama, ancien roi des Bambaras du Kaarta, chassé par El-Hadj Omar de ses États, et auquel les Français ont donné asile. Dama est un beau vieillard, à longue barbe blanche, portant le bonnet à deux pointes, coiffure distinctive des gens de sa race. Il habite Guémou-Bambara, dans le tata duquel il s'est enfermé avec cinq ou six cents Bambaras bien armés, attendant les événements. Invité par Mahmadou Lamine à fournir sa part de guerriers, Dama avait envoyé une trentaine d'hommes auprès du marabout, autant comme gage de sa soumission que pour être renseigné lui-même sur les mouvements de Mahmadou Lamine. Il s'excusa d'avoir été dans l'obligation d'agir de cette manière pour éviter que son village fût attaqué et détruit, prétextant de son impuissance à résister aux forces du marabout.

Dans la soirée, Demba Coumba, sous l'autorité duquel sont placés Makhana, Dramané, Toubabokané et quelques autres villages importants du Kaméra, se présente au camp, précédé par un cavalier portant un fanion de parlementaire. Ces villages, notamment Dramané, village de marabouts, la ville sainte desSarrakholais, avaient fourni, en toutes circonstances, à Lamine, toutcequ'ils avaient d'hommes capables de porter les armes. Quelques jours avant le combat de Tombokané, les Sarrakholais du Kaméra avaient répondu à un traitant, chargé par le colonel de leur faire savoir que le seul fait d'empêcher le marabout, lorsqu'il se porterait de Bakel au-devant de la colonne, de séjourner dans leurs villages, serait considéré comme l'acte le plus manifeste de leur repentir et les mettrait à l'abri de toute répression : a Nous avons toujours le temps de faire notre soumission; en attendant, nous nous en remettons au sort des armes ! o

Ce n'est que sur l'injonction formelle de Lamine, qui leur expédiait courrier sur courrier, pour leur ordonner de ne rien entreprendre avant son arrivée, comme s'il craignait que l'honneur de battre la colonne française lui fût enlevé, que les contingents de ces villages s'étaient résignés à ne pas venir nous attaquer, dès le jour de notre arrivée devant

Gagny. Aussi , dans la journée du 19, à Tombokanéy étaient-ils tous aux premiers rangs de l*armée du marabout!

Demba Coumba demande, selon la formule habituelle, quelles conditions seraient imposées aux Sarrakholais pour faire leur soumission. Le colonel lui fait savoir qu*il en est une dont il exige Texécution immédiate, irrémissible : c*est la livraison des armes. Si, à son arrivée devantDramanéetMakhana, la plus grande partie des contingents du Kaméra n*a pas déposé les armes, ces villages seront détruits. Cette mesure est commandée par la nécessité, pour la sécurité de la colonne, de ne point laisser une population ennemie, en armes, sur sa ligne de communication avec Kayes au moment où des convois vont sillonner cette ligne pour son ravitaillement.

Dans Taprès-midi, le lieutenant Hubert, avec un détachement de tirailleurs et quelques spahis, est envoyé en reconnaissance vers le village de Gakoura, dans la direction duquel plusieurs groupes de cavaliers ennemis ont été aperçus dans la journée. Il a ordre de mettre le feu, au retour, aux broussailles très-épaisses et aux hautes herbes à travers lesquelles passe le chemin, et qui pourraient favoriser des embuscades dans la marche du lendemain.

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