CHAPITRE XVI
Il nous paraît utile de dire quelques mots, à cette place, de Tentrevue du colonel avec Abdoul Boubakar. Le Fouta sénégalais est constitué par une bande de territoire qui s^étend, sur la rive gauche du Sénégal, de Dembakané jusqu'au poste de Podor, comprenant ainsi tout le pays situé entre le haut et le bas Sénégal. Ce territoire, malsain et fiévreux, est habité presque exclusivement par des Toucouleurs, race turbulente, belliqueuse, au caractère fantasque et mobile, chez laquelle l'amour du pillage et la haine de l'Européen sont comptés au nombre des vertus. C'est de cette race que sont sortis la plupart des prêcheurs de guerre sainte qui, à différentes époques, ont jeté la perturbation dans la Sénégambie.
Avant 1854, tout ce territoire ne formait qu'un seul royaume indépendant. Depuis cette époque, le Damga, l'Irlabé, le Lao à l'est; le Dimar et le Toro à l'ouest, furent successivement détachés du
Fouta et annexés ou placés sous notre protectorat.
Dès sa jeunesse, Âbdoul Boubakar prit la direction du parti qui n'a cessé de revendiijuer impérieusement la reconstitution de l'ancien royaume toucouleur; il fut Tâme de toutes les intrigues, le promoteur de tous les soulèvements qui furent tentés contre notre autorité, et qui nécessitèrent l'envoi contre les Toucouleurs de nombreuses expéditions.
L'intelligence d'AbdouI, son esprit souple et adroitySesrelationsd'amitiéavecAhmadouScheikou, le sultan de Segou, et avec certaines notabilités de Saint-Louis, ses largesses envers ceux qui s'attachent à sa fortune et auxquels il abandonne tout le butin conquis sur l'ennemi, en font l'homme le plus populaire et le chef, sinon nominal, du moins effectif de tout le Fouta sénégalais.
En 1 883, un traité intervint entre le gouvernement et ÂbdouL Moyennant la concession qui lui fut faite de quelques privilèges, celui-ci promit de ne plus mettre d obstacles à l'établissement de la ligne télégraphique qui relie le bas Sénégal au haut Sénégal en passant à travers le Fouta. On pouvait craindre que ce traité n'eût le sort de plusieurs autres traités précédemment signés par Âbdoul et qui, à peine conclus, étaient aussitôt violés. Mais cette
fois, soit qu'il fût sincère, soit qu'il tint a jouir en paix de la situation qu'il s'était créée, le chef toucouleur respecta ses engagements.
Lorsque le marabout Mahmadou Lamine s'empara du Boundou et le livra au pillage, Omar Penda, TAlmamy dépossédé, alla demander asile à Âbdoul Boubakar, son parent. De son côté, le marabout, redoutant l'hostilité du chef du Fouta, expédia immédiatement à ce dernier des émissaires pour solliciter son alliance : il lui fît représenter que les événements dont Omar avait été la victime étaient le résultat d'un malentendu regrettable, et déclara qu'il était prêt à réparer le dommage causé à l'Âlmamy. Âbdoul Boubakar, qui n'était nullement dupe des protestations doucereuses de Mahmadou Lamine, passé maitre dans l'art de feindre et de mentir, lui fit cette réponse typique : « Il est bien temps de remettre le poisson dans l'eau quand il est cuit » ; et, spontanément, il offrit ses services au commandant du poste de Bakel. Ce concours ne put nous être, à ce moment, d'une grande utilité, car les Toucouleurs, musulmans fanatiques, se montraient disposés plutôt à embrasser la cause des Sarrakholais qu'a venir en aide aux assiégés de Bakel; il eut toutefois, pour résultat, d'empêcher les gens du Fouta de se joindre à nos ennemis.
Sur le bord d'un petit marigot, à un kilomètre environ du village de Dembakané, est un petit monticule d*où Ton découvre bien au loin toute la plaine. Là s* élève, isolé, un petit arbre dont Tombre peut à peine abriter une dizaine de personnes. C'est remplacement qui fut choisi pour l*entrevue du commandant supérieur et d'Abdoul Boubakar. Ce dernier, persuadé que sa tète avait été plusieurs fois mise à prix, s*était montré, de tout temps, d'une défiance telle que, dans la crainte de tomber dans un piège, il n'avait jamais consenti à accepter un rendez-vous d'un chef français à proximité d'un aviso ou d'un camp. Aussi, en cette circonstance, ne manqua-t-il pas de s'entourer de nombreuses précautions !
Avant son arrivée, quelques-uns de ses fidèles s*étaient glissés au milieu des serviteurs des officiers, écoutant les conversations, épiant leurs moindres gestes et ceux des soldats de Tescorte. L'un d'eux, reconnu par un interprète, convint de bonne grâce, en excellent français, qu'il était en effet un homme de confiance d'Abdoul et qu'il avait
reçu pour mission de s'assurer que son mattre n'allait courir aucun danger en se rendant à celte entrevue. Pendant ce temps, des cavaliers d'Abdoul se postaient en vedette tout autour de l'emplacement qui avait été choisi, observant avec soin les environs, prêts à donner l'alarme, au cas où la sécurité de leur chef aurait été menacée.
Lorsqu'il fut bien convaincu de la sincérité des intentions des Français, Abdoul se décida à se mettre en route. La petite armée toucouleure, débouchant par toutes les issues du village de Dembakané, se répand dans la plaine; puis lentement, bannières déployées, s'ébranle, avec un bruit lointain de cliquetis d'armes, de hennissements de chevaux, au milieu d'un tourbillon de poussière qu'elle soulève sur son passage!
Un groupe de trois cents fantassins ouvre la marche : c'est la garde particulière d'Abdoul, une sorte de troupe régulière. Elle s'avance en colonne par sections, sur deux rangs, tam-tams et griots en tète; les hommes portant l'arme sur l'épaule droite au lieu de la tenir par le bout du canon, la crosse en l'air, comme c'est Thabitude chez les indigènes.
C'est évidemment une imitation des manœuvres
• que les Toucouleurs ont vu exécuter par nos troupes
à Saint-Louis; mais, ce qui leur appartient en pro-
pre, c'est la gymnastique incohérente à laquelle se livrent les chefs de section qui, lançant leur fusil en l'air, esquissent, en marchant, les pas les plus fantaisistes, entremêlés d'entrechats et de bonds à faire pâlir un clown d'envie ! Puis, le groupe se divise en deux détachements qui viennent se placer à une centaine de mètres l'un de l'autre, se faisant face. Enfin parait Abdoul; il s'avance à cheval, entouré des chefs du Fouta et de deux cents cavaliers qui se pressent autour de lui comme pour lui former un rempart de leurs corps. Derrière, marchent les guerriers, au nombre de deux mille environ, disséminés par groupes correspondant aux contingents formés par les différents villages du Fouta.
Abdoul Boubakar prend place auprès du colonel. C'est un homme de quarante-cinq à cinquante ans, grand et svelte, aux extrémités fines, au corps souple. Les traits du visage sont ceux qui caractérisent la race toucouleure : nez long et droit, lèvres minces, yeux vifs et intelligents. Détail particulier, un petit kyste surmonte le sourcil gauche, ce qui rend Abdoul facilement reconnaissable, et ne lui permet pas d'user du stratagème employé quelquefois par certains chefs indigènes qui substituent à leur personne celle d'un de leurs sujets, lorsqu'ils, doivent paraître dans une réunion ou leur existence
peut être mise en péril. Rarement Âbdoul regarde son interlocuteur en face ; mais il Tobserve souvent à la dérobée y comme pour deviner ses secrètes pensées, pour sonder ses desseins.
Abdoul est vêtu très-simplement. Il porte le bou' hou blanc (sorte de grande blouse) ; le pantalon des Peulhs, court et aux mille plis; et, comme coiffure, un turban garni de grisgris (amulettes). La simplicité austère de sa tenue fait un contraste singulier avec le bariolage des vêtements de gala qu'ont revêtus quelques chefs et les griots de sa suite, vêtements dont les vives couleurs acquièrent au pays du soleil des tons chauds et gais, des reflets chatoyants qui s'harmonisent d'une façon merveilleuse avec l'éclat et la pureté de l'azur de ciel '.
Après les salutations d'usage, accompagnées de force poignées de main, à la suite de chacune desquelles il est de bon ton, chez les indigènes, de porter sa main sur la poitrine, comme pour pren-
> Ces entrevues sQpt, pour les indigènes, autant d'occasions de faire parade de leurs plus beaux vêtements. Il en est qui endossent, pour ces circonstances, et malgré une température torride, tous les boubous qui composent leur garde-robe. Puis, faussant, à diverses reprises, compagnie à l'assistance, ils reviennent avec un nouveau costume et font défiler ainsi, à tour de rôle, la série complète de leurs boubous, à l'admiration du plus grand nombre, qui n'ont souvent, pour tout vêtement, que de misérables loques.
dre le ciel à témoin de la sincérité de la marque d'amitié qui vient d'être donnée, le palabre commença.
Il fut très-cordial, mais long et laborieux, comme le sont tous les palabres des noirs. Abdoul Boubakar remercia chaleureusement le colonel d'avoir délivré le pays de Mahmadou Lamine, de cet imposteur qui, sous le masque de la religion, avait rêvé de se tailler un royaume au détriment des propriétaires du sol. Il fit à ce propos une profession de foi qui ne manquait pas de piquant, de la part d'un homme qui doit sa popularité et son prestige à son caractère de Tidiane, c'est-à-dire de membre d'un secte religieuse composée des irréconciliables ennemis de la domination française en Sénégambie.
« Pour moi, dit-il, tout noir qui fait le pèlerinage a de la Mecque n'a point d'autre but que d*aller y « acquérir le titre de saint, de pèlerin, « el hadj x>, <( afin de pouvoir, à son retour, grâce à l'ascendant « que ce titre lui donne sur les autres indigènes, « exploiter à son profit la crédulité publique. Le « plus grand service à rendre au Sénégal serait de « le débarrasser de tous les « el hadj », sans excep* « tion, qui s'y trouvent. »
Le palabre terminé, les deux chefs regagnèrent
leur camp respectif. Cefutalors, au camp des Françaisy pendant plusieurs heures, un défilé incessant de griots et de guerriers de l'armée d'Âbdoul qui venaient fraterniser avec les tirailleurs et spahis. De temps à autre, l'interprète annonçait au commandant supérieur l'arrivée de « quelqu'un de bonne famille » qui demandait à le saluer. Le plus souvent, ce personnage a de bonne famille » terminait sa visite en mendiant un cadeau, lequel consistait généralement en une poignée de cassonade ou de riz, ou en quelques feuilles de tabac. Abdoul avait banni de son esprit toute défiance; d'autres entrevues purent, par suite, avoir lieu, sans qu'il crût devoir recourir au luxe de précautions qu'il avait déployé lors du premier palabre ^ . Dans
> Dans Tune de ces entrevues, Abdoul Boubakar présenta au colonel cinq talibés qu'Ahmadou Scheikou avait envoyés auprès du cbef du Fouta, pour lui proposer de conclure une alliance contre nous. Le colonel, ajant exprimé aux talibés le mécontentement que lui causait la conduite d'Ahmadou Scbeikou, qui avait répondu à ses avances en interdisant k ses sujets tout rapport, tout commerce avec les Français, le cbef de l'ambassade, vieillard à l'air rusé et intelligent, lui répondit : c J'ai l'œil, j'ai l'oreille d'Abmadou; tout ce que je vois, le sultan le voit; tout ce que j'entends, il l'entend. Abmadou va être bientôt renseigné sur tes intentions amicales à son égard; et ce malentendu fAcbeux qui existe entre vous se dissipera aussitôt. • Puis, s'adressant à l'assistance, il s'écria dans ce langage imagé, propre aux diplomates musulmans : c Le colonel a aujourd'bui avec lui le
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ces entretiens, le commandant supérieur s'efforça de persuader à Abdoul qu'il était de son plus grand intérêt de respecter, en tous points, le traité qu'il avait signé, en 1 885, et de renoncer à la revendication des provinces du Fouta annexées par la France. Celui-ci parut goûter l'excellence de ces conseils; il promit de les suivre, reconnaissant, disait- il, qu'ils étaient dictés par le désir de voir s'affermir les bonnes relations établies aujourd'hui entre la France et les populations du Fouta, et un état de paix et de prospérité succéder à l'état de troubles qui avait si longtemps désolé ces contrées. Mais, quand, plus tard, Abdoul fut prié par le commandant supérieur de tenir ses promesses, et d'évacuer le Damga, dans lequel il faisait acte de souveraineté et où ses bandes commettaient des exactions, il répondit avec la plus grande impudence à l'envoyé du colonel : « Mais le Fouta Damga m'appartient,
Fouta, puisqu'il a Abdoul avec lui. Il tient le serpent par la tète ; il est maître, par suite, également, du reste du corps. Il était en mauvaises relations avec Samorj ; il a pu cependant se réconcilier avec lui. Ce sera certainement beaucoup plus facile avec Abmadou. Samorj et Ahmadou sont deux malades, mais à des degrés différents. Le colonel a pu guérir Samory, qui était très-malade; il guérira plus facilement Ahmadou Scheikou, qui n'a presque pas besoin de remèdes. > Et toute l'assistance de pousser de petits cris rauques, par marque d'approbation et d'admiration pour ce morceau d'éloquence.
comme du reste tout ce qui a nom Fouta : le gouyerneur me Ta donné. j>
C'est qu'il craignait, en paraissant céder sur ce point, de perdre le prestige et les bénéfices que lui avait procurés le rôle qu'il avait joué dans la revendication de l'indépendance toucouleure.
Indigné de tant de mauvaise foi, le colonel rompit tous rapports avec Abdoul, et lui intima de nouveau l'ordre d'évacuer sans retard le Damga. Dans la nuit même de la réception de cet ordre, Âbdoul, qui se trouvait à cinquante kilomètres de la colonne, jugea prudent de lever immédiatement le camp et de se porter à trente kilomètres plus loin. Toutefois, il ne commit pas d'acte d'hostilité directe à l'égard de la colonne. L'exemple de la répression rigoureuse dont les Sarrakholais venaient d'être l'objet, en sa présence, était de nature à lui inspirer de salutaires réflexions sur les conséquences d'une rupture complète avec les Français. Mais l'ère des difficultés avec le Fouta, comme aussi avec bien des peuplades entre Sénégal et Niger, qui ne supportent notre joug qu'avec peine, n'est que suspendue et ne peut tarder à renaître.
En ce qui concerne le Fouta, la question est d'une très-grande importance pour la sécurité de nos établissements du haut Sénégal. Il est inadmis-
sible de laisser ainsi , entre le haut et le bas Sénégal, un pays animé de dispositions malveillantes entraver à sa guise le commerce du fleuve et interrompre les communications. Le moyen qui nous paraîtrait le plus efficace pour faire cesser cet état de choses serait la construction d'un poste, ou rétablissement, pendant quelques années, d'un camp, au cœur du Fouta, dans le Bosséa. On y joindrait encore utilement, pendant la saison des basses eaux, dans les parties du fleuve qui sont occupées par les villages les plus hostiles du Fouta, le stationnement d'un ou deux grands chalands, organisés en postes provisoires.
Le 7 juillet, le lieutenant-colonel Frey s'embarqua sur le Richard Ta// pour rentrer en France. La plus grande partie des Européens et les tirailleurs blessés ou malades avaient été déjà dirigés, successivement, sur Saint-Louis, par chalands. L'arrivée, dans cette ville, de ces hommes déguenillés, hâves, amaigris, couverts de plaies et d'ulcères pour la plupart, fit une douloureuse impression sur l'esprit des populations et sur celui des soldats qui composaient le
bataillon de renfort. Ces derniers, qui comptaient deux mois à peine de séjour dans les postes du bas Sénégal, avaient déjà perdu cette ardeur qu'ils avaient montrée au départ de France et, résultat de Teffet produit par le spectacle de ces misères, quand on demanda, parmi eux, des volontaires pour le haut Sénégal, pas un ne manifesta, cette fois, le désir de tenter l'épreuve d'une campagne! L'hivernage rendant pour plusieurs mois toute opération impossible, les tirailleurs qui avaient été prélevés sur les garnisons de Kita, de Koundou et
de Bamakou, furent remis en route pour rallier ces postes; quelques-uns d'entre eux finirent ainsi la campagne par une nouvelle marche de cent cinquante lieues, rendue très-pénible par la fréquence des pluies, par le mauvais état des chemins, et par le passage des marigots grossis par les eaux !
Nous avons vu avec quel entrain, avec quelle remarquable résignation, les différents éléments du petit corps expéditionnaire supportèrent les épreuves de cette rude campagne.
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Nous ne terminerons pas sans mentionner le concours zélé qui fut donné à la colonne par les officiers, soldats et fonctionnaires des différents services qui, pendant ces opérations, composèrent les garnisons des postes ^ .
Si leur rôle fut plus modeste, si les dangers à courir furent moins nombreux, les préoccupations, les fatigues ne furent pas moindres. Cest avec des garnisons réduites à des écloppés et à des malades, que les commandants des postes durent assurer la sécurité de leur territoire et faire face à toutes les difficultés du ravitaillement des postes et de la colonne.
Dans les postes, comme à la colonne, Européens et indigènes, soldats et auxiliaires, malades et blessés, furent soignés avec un égal dévouement, avec une égale sollicitude ! Pour donner une idée de
> Le commandement et le service de santé, dans les postes^ étaient ainsi constitués :
A Kayes : capitaine Blanchard, commandant ; Lacarriére, médecin ; à Bakel, capitaine Lefranc, commandant ; Buisson, médecin; àMédine, capitaine de Brissaj, commandant; à Bafoulabé, lieutenant Morin, commandant; Durand, médecin; à Kita, capitaine Oberdof, commandant; Brannelec, médecin; à Koundou, lieutenant Briquelot, commandant; Jollet, médecin; à Bamakou, capitaine Valet, commandant; Rousseau, médçcin; à Niagassola, lieutenant Marcantoni, commandant; Michel, médecin; à Badambé, sergent major Giraud; à Matam, sergent Rousseau, chefs de poste.
la tâche écrasante qui incomba au service de santé^ dans ces postes, il suffira de signaler que, notamment à Kayes et à Bakel, chaque médecin eut à donner ses soins, journellement, à plus de cent malades ou blessés tant soldats qu'auxiliaires.
De même, grâce au zèle et à Tactivité de M. le sous- commissaire Longueteau, chef du service administratif, et de son personnel, les troupes furent, jusqu'au dernier moment, suffisamment approvisionnées de denrées de toute sorte.
Enfin, grâce à l'énergique impulsion du chef de service télégraphique, M. Catier, qui avait bravement commencé la réfection de la ligne, en présence même de l'ennemi, Kayes était de nouveau relié par le télégraphe à Saint-Louis et, par le câble, à la France.
Le récit de la campagne 1885-1886 est terminé. Ce récit sera accueilli par les officiers, sous-officiers, soldats, et par les fonctionnaires qui y ont participé, comme un nouveau témoignage d admiration donné par leur chef à leur vaillance et au dévouement dont ils ont fait preuve, en toutes circonstances, pendant la durée de celte double campagne.