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ENGAGEMENTS DE MAVES. ET DE NUISEMENT

L'armée reprit donc son mouvement dès le 1 2 au matin. L'ennemi poussa constamment ses ëclaireurs en vue des tirailleurs qui couvraient nos lignes, mais il ne fit nulle part de tentative sérieuse pour les attaquer. Il occupa successivement Mer et les points intermédiaires, ets'avança jusqu'au village de Maves, où une de nos grand'gardes eut à se défendre assez sérieusement. Au centre, le convoi delà 3^ division du 17® corps, retardé parce qu'il avait pris un chemin de traverse devenu impraticable, fut assailli auprès du hameau de Nuisement. Déjà une partie de ses voitures était enveloppée et allait tomber au pouvoir de l'ennemi, lorsque les gendarmes attachés au convoi se réunirent et firent bonne contenance jusqu'au moment où deux escadrons de la division de cavalerie purent arriver et les dégager. Le temps était du reste très-mauvais : une pluie torrentielle, qui tombait depuis le matin, avait fait fondre la neige et produit le dégel. Le terrain était partout très-glissant sur les chemins, le sol trop détrempé pour que les chevaux et les voitures pussent passer dans les champs. Gomme fatigue et comme souffrance pour les hommes et pour les animaux, cette journée fut une des plus pénibles de la campagne. Néanmoins la marche put s'effectuer avec assez de régularité, et le soir tous les corps étaient établis exactement sur les positions qui leur avaient été assignées.

Le service télégraphique, dont on ne peut trop faire l'éloge, n'avait replié ses fils qu'au dernier moment, quand des partis ennemis menaçaient déjà ses stations. Ses employés coururent ce jour-là les plus grands dangers, mais tous imitèrent l'énergie et le courage de leur chef, M. l'inspecteur Tamisier. A partir du 12 au matin.

MVRE DEUXIEME. — JOSNES. 165

la correspondance télégraphique ne fut plus possible que par Vendôme, où il fallait porter les dépêches. Le général en chef, inquiet de ce qui pouvait se passer à Blois, et n'ayant rien reçu jusqu'à quatre heures du soir, adressa au général Barry la dépêche suivante, dès son arrivée à son quartier général des Noyers :

« (Quatre heures et demie.) — Je suis sans nouvelles » de vous depuis hier au soir; faites-moi connaître de » suite par télégramme à Vendôme, d'où il me parviendra » par cavalier, les renseignements que vous avez sur » l'ennemi sur les deux rives de la Loire, votre position, » jusqu'à quand vous pensez pouvoir tenir, et vos dispo- » sitions en cas de retraite. L'armée sera demain, dans la » journée, en position devant Vendôme, et de l'autre côté » du Loir, de Vendôme à Fréteval. Je vous rappelle que «vous devez me rallier quand vous quitterez Blois, avec » les troupes de Maurandy, par les routes qui vous pa- » raîtront les plus sûres. Plus vous tiendrez longtemps à » Blois, mieux vous assurerez le mouvement difficile que » nous exécutons en ce moment. Donnez-moi des nou- » velles de Maurandy et des troupes au-dessous de vous.

» L'ennemi n'a pas inquiété notre mouvement aujour- » d'hui. D'après des renseignements, assez vagues du » reste, il exécuterait une marche rétrograde assez pressée » sur les deux rives et sur Orléans. »

Le cavalier chargé de cette dépêche pour Vendôme emportait en même temps la suivante, adressée au ministre de la guerre à Bordeaux et au général Bourbaki à B ourges :

« L'ennemi, qui a canonné un instant notre aile droite •' hier au soir, paraît s'être arrêté à Josnes, où il est entré. » Aujourd'hui, sauf quelques coups de canon, il n'a pas » cherché à inquiéter notre mouvement de retraite. L'ar- » mée, après une marche pénible par le dégel et la pluie,

est arrivée en bon ordre sur ses positions de Viévy-le- Rayé, Oucques, Pontijoux, Boisseau, Gonan et Rhodon. Je compte demain couvrir Vendôme avec le 16® corps et avoir les deux autres au delà du Loir. Je n'ai pas eu aujourd'hui de nouvelles de Blois; j'en attends cette nuit. J'ai prescrit au général Barry de tenir jusqu'à la dernière extrémité, pour éviter d'être tourné pendant mon mouvement de retraite. Il se repliera ensuite avec la division Maurandy, qui est à Amboise, de façon à me rejoindre dans la direction de Saint-Galais. » On signale un grand mouvement de l'ennemi, qui semble rétrograder vers Orléans, sur la rive gauche. Sur la rive droite, il a l'air de renoncer à poursuivre l'armée : les quatre derniers jours de combat l'ont fatigué et ont épuisé ses munitions. Des renseignements certains constatent qu'il a subi des pertes considérables, surtout en officiers. »

Ces dépêches expédiées, le général en chef donna les instructions ci-après pour la journée du 13.

« Château des Noyers, 12 décembre 1870.

« L'armée continuera demain son mouvement de re- » traite, en prenant pour la marche les mêmes dispositions )' qu'aujourd'hui.

M Dans le cas où l'ennemi viendrait à se présenter, il » est de la plus haute importance que les convois, les

• parcs, les ambulances et tout le matériel roulant, soient » engagés sur les routes à suivre, deux heures au moins » avant le départ des divisions.

» Les troupes aux ordres du vice-amiral Jauréguiberry, » commandant l'aile droite, marcheront sur les deux di- » rections de Gonan, Rhodon, Selommes, et de Vilberfol, » Villegrinaut, Villemardy et Plérigny, pour se redresser

* ensuite sur Vendôme et venir occuper en avant de cette

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