LIVRE DEUXIÈME. — JOSJNES. IGi
avantageuse pour s'arrêter et se défendre si elle était attaquée. Le général en chef avait encore télégraphié le 11 au général Bourhaki pour lui demander de faire une démonstration vers la Loire, afin d'attirer de son côté une partie de l'attention de l'ennemi, tandis que la deuxième armée exécuterait son mouvement de retraite. Il lui écrivait avant de quitter Josnes :
«Nous nous battons depuis onze jours, et nous tenons » ici, depuis le 6, contre le gros des forces ennemies. Les >' Prussiens menacent Blois et Tours, et cherchent à » tomber sur le flanc de mon armée. Une marche de vous ') sur Blois peut me dégager de cette situation critique. Je » vous demande instamment de la faire ; prévenez-moi '. »
Le général Bourhaki répondit le jour même qu'il lui était impossible, vu l'état de ses troupes, d'entreprendre une opération sérieuse, mais qu'il allait faire tout ce qu'il pourrait pour descendre le Cher et se présenter devant Blois ; il ajoutait toutefois qu'il ne pourrait être en face de cette ville que dans six jours au plus tôt. Ce secours arriverait dès lors trop tard. Le commandant en chef de la deuxième armée dut définitivement reprendre sa marche en arrière, et télégraphia de Talcy au général Bourhaki :
« Votre télégramme 5806 me parvient alors que mon " mouvement de retraite sur Vendôme est commencé. Je » suis obligé de le continuer, puisque vous n'arriveriez pas ;' avant six jours à hauteur de Blois. Je crois cependant " indispensable que vous fassiez de suite une diversion ') qui aura du moins pour résultat d'inquiéter l'ennemi. » Je compte être demain en position devant Vendôme, et » me replier sur le Mans, si l'ennemi, qui peut passer la '' Loire d'un moment à l'autre, ne parvient pas à me pré- " céder sur ma ligne de retraite, »
i Voir la note 21, qui donne d'autres dépêches télégraphiques adressées à la première armée, et deux télégrammes de Bordeaux.