LIVRE DEUXIEME. — JOSNES
» Valérie ait deux jours de fourrage , et que les hommes » soient alignés en vivres jusqu'au 16 inclus, y compris » les deux jours de réserve du sac. Les munitions seront » également complétées. Les demandes qu'il y aurait lieu » de faire seraient adressées le plus tôt possible au général » de Marcy, commandant l'artillerie de l'armée.
M Les malades et les blessés devront être évacués de » suite sur le Mans, afin de désencombrer Vendôme.
» On fera demain au jour des reconnaissances en avant » des lignes. Les éclaireurs et les pelotons de cavalerie î' devront être poussés le plus loin possible, pour se rensei- " gner sur la présence et la marche de l'ennemi. La direc- » tion de Blois est plus spécialement à surveiller.
» Le général en chef a remarqué beaucoup de désordre » dans la marche d'aujourd'hui. Les généraux comman- » dant les corps d'armée rendront responsables les géné- » raux commandant les divisions, les brigades, et les chefs « de corps, de toute infraction aux instructions si souvent >' répétées. Les hommes ne doivent point marcher isolé- " ment, et il ne doit y avoir avec les convois que la garde ') et les hommes qui y sont employés régulièrement.
» Le grand quartier général, à Vendôme.
» Afin de rendre plus facile un mouvement de retraite 5) au delà du Loir, le vice-amiral Jauréguiberry placera ) ses parcs et ses convois sur la rive droite, en utilisant les » deux ponts de la ville de Vendôme.
» La brigade de cavalerie du 16^ corps, mise à la dispo- » sition du général commandant le 2V corps, rejoindra » demain sa division, après avoir couvert le mouvement » des troupes se repliant au nord de la forêt, et jusqu'à ce ') qu'elles aient passé le Loir.
» Le général commandant le génie dirigera demain, de " très-bonne heure, sur Vendôme, deux officiers du génie i> £t au moins deux sections pour l'exécution des travaux
s» de défense sur les positions que doivent occuper les » troupes de l'amiral.
» Le général Gamô étant rétabli, reprendra le comman- » dément de la colonne mobile de Tours, confié en son » absence au général Tripart. »
EVACUATION DE BLOIS.
Il était plus de minuit lorsque le général en chef reçut enfin des nouvelles du général Barry. Apprenant que l'ennemi occupait Mer, il n'avait pas cru pouvoir se maintenir à Blois jusqu'au lendemain matin pour faire coïncider son mouvement de retraite avec celui de la droite de l'armée, et s'était retiré, dans l'après-midi, sur Saint- Amand. Si les Allemands s'étaient aperçus à temps que Blois était évacué, ils pouvaient y avoir déjà pénétré et réparé le pont pour faciliter le passage de leurs troupes de la rive gauche. Nous pouvions donc avoir dès le matin des forces considérables sur notre droite, nous précédant sur Vendôme. Le général en chef donna immédiatement Tordre au général Barry de se débarrasser de tous ses bagages et de se reporter sur Blois, ou tout au moins sur Herbault, pour observer l'ennemi \ Il envoya en même temps un officier qui devait pénétrer dans la ville même avant le jour, voir le maire ou les autorités, et rapporter le plus promptement possible des renseignements certains sur ce qui s'était passé
Le préfet de Blois, M. Lecanu, qui avait montré dans toutes ces circonstances la plus grande énergie et le plus grand dévouement, était arrivé à une heure du matin au quartier général des Noyers. Il n'avait quitté Blois qu'après nos dernières troupes, et était passé par Vendôme. Il con-
* Voir la note 22.