LIVRE PRE\IIER. — OHLÉAINS
deux heures ces troupes tinrent sous le feu le plus violent, aux prises avec l'infanterie ennemie qui s'était déployée. Le général Abdelal, qui de son côté avait entendu la canonnade, avait fait rentrer sa reconnaissance , parvenue à Verdes, et dirigé sur Vallière le régiment de dragons, en même temps qu'une batterie à cheval soutenue par un escadron de cuirassiers se portait d'Autainville sur Ville- ^ruau par la lisière de la forêt. Ces renforts apparaissaient déjà vers deux heures , lorsque la brigade Bourdillon déboucha de Saint-Laurent. Bientôt une batterie de quatre et les mitrailleuses purent entrer en ligne et ouvrir leur fe;u , tandis que deux colonnes d'infanterie se portaient résolument en avant. L'ennemi, après avoir vigoureusement résisté jusque-là , se retira alors sur Vallière, qu'il dut bientôt abandonner en voyant arriver les dragons du général Abdelal , qui entourèrent la partie ouest du village et s'y jetèrent résolument, faisant prisonnière toute une compagnie bavaroise qui n'avait pas eu le temps d'évacuer.
La lutte avait été des plus vives et avait duré jusqu'à cinq heures. Nos troupes, admirables d'élan et de sangfroid , n'avaient pas eu un moment d'hésitation dans cette première rencontre, et étaient restées maîtresses du champ de bataille. L'ennemi n'avait pu emporter qu'une partie de ses morts et de ses blessés , nous en abandonnant une centaine sur le terrain. D'après les habitants de Ghantôme, qu'il incendia en se retirant , ses pertes en officiers et en hommes auraient été considérables. De notre côté, nous n'avions eu que quatre hommes tués et une quarantaine de blessés, parmi lesquels le commandant Labrune et un lieutenant du 3^ bataillon de chasseurs.
Ce bataillon avait d'ailleurs soutenu seul et pendant longtemps les efforts de l'ennemi , et avait fait preuve de la plus grande solidité; les honneurs de la journée lui re. venaient : il fut mis à Tord' c^ du 16* corps. Ce combat de
Ifi LA DEUXIEME ARMEE DE LA LOIRE.
Vallière était le premier engagement sérieux de Tarmée réunie sur la rive droite de la Loire; il fut un véritable succès et eut sur nos jeunes troupes une grande influence.
Le même jour, le lieutenant-colonel Lipouski avait fait une reconnaissance sur Ghâteaudun avec les francs-tireurs de Paris, les mobiles du Gers et un peloton de chasseurs. 200 cuirassiers blancs surpris dans cette marche, avaient eu 25 hommes tués ou blessés et laissé entre nos mains des armes I des chevaux.
Le général commandant le 16" corps, en rentrant à six heures du soir à Marchenoir du combat de Vallière, reçut du général en chef l'ordre qui prescrivait à l'armée les mouvements ci-après pour le lendemain :
Le grand quartier général, du château de Dizier à Poisly ; le 1 5® corps , sa 2® division entre Messas et Gravant , sa 3° division de Rilly au château du Goudray, sa réserve d'artillerie à Ourcelles, les parcs d'artillerie et du génie à Séris et à Poisly, la brigade de cavalerie Boërio à Montsouris.
Le 16* corps avait ses emplacements fixés entre le château du Goudray et Ouzouer-le-Marché. Les deux divisions de cavalerie, sous le commandement du général Reyau , devaient s'établir à l'aile gauche de l'armée entre Ouzouer et Prénouvellon.
l'armée se porte sur ORLÉANS.
Ges mouvements s'exécutèrent le 8, par un temps trèsfavorable, sans que l'ennemi tentât de s'y opposer, et de la façon suivante pour le 16" corps :
La brigade Bazelis, de la T" division d'infanterie, se réunit à la Golombe et se mit en route à dix heures et demie pour se porter, par Binas et la grande route du Mans à Orléans, sur Ouzouer-le-Marché, où elle établit sa gauche au village et sa droite à Aupuy.