DESCRIPTION DE LA VALLEE DU LOIR
Le Loir est une ligne de défense qui devait permettre à la deuxième armée d'arrêter son mouvement de retraite, pour reposer ses troupes , reformer ses corps , désunis par les derniers combats , et se réapprovisionner en effets de toute sorte dont les hommes ne pouvaient se passer plus longtemps dans la saison rigoureuse où Ton se trouvait. La vallée depuis Illiers par Bonneval, Châteaudun, Gloyes, Fréteval, Vendôme, Montoire jusquà Gliàteau-du-Loir , est généralement assez étroite et bordée de mamelons assez élevés qui offrent, sur la rive droite, de bonnes posi-
tions pour défendre les passa^jes de la rivière. Celle-ci coule à pleins bords avec des profondeurs variables , mais qui présentent partout des obstacles sérieux; les gués, assez rares, peuvent être rendus facilement impraticables en détériorant les rampes qui leur donnent accès , et qui sont généralement ménagées dans un terrain mouvant que Ton peut toujours et promptement bouleverser; les principales localités seules ont des ponts de pierre, les autres, des ponts de bois ou des passerelles faciles à détruire.
En s'établissant sur le Loir , on menaçait le flanc de l'ennemi descendant d'Orléans sur Tours, sans s'éloigner deC4liartres, sur lequel on pouvait déboucher par Ghâteaudun , restant ainsi sur une des principales directions qu'il faudrait toujours suivre pour reprendre les opérations vers Paris, dès qu'elles deviendraient possibles. Il n'y avait, en effet , si l'armée était disposée de Fréteval à Vendôme , qu'à exécuter un changement de front en arrière sur sa gauche, pour la porter successivement et jusqu'à l'Eure à travers le Perche, sur l'Yères, l'Ozanne et le Loir qui coule parallèlement à l'Eure de Thiron-Gardais à Bonneval , appuyant pendant presque toute cette marche ses ailes au Loir et à l'Huisnes. En attendant ces opérations, elle était couverte sur son flanc gauche par la forêt de Fréteval ; et dans le cas d'un mouvement de l'ennemi venant de la direction de Chartres par Illiers , Brou et le pays si difficile du Perche, qu'on pouvait faire observer par des francs-tireurs et des corps légers, elle était toujours à temps pour se retirer sur le Mans et en arrière de la Sarthe.