‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 121 sur 345 · LIVRE TROISIEME. — VENDOME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. — VENDOME

qii*il est le nœud des routes d'Angers à Châteaudun le long du Loir, du Mans à Blois par Saint-Calais et Épuisay, et de Tours à Chartres par Château-Renault , Cloyes et Bonneval. Cette localité, qui offre par elle-même des ressources assez considérables , est , en outre , reliée à Tours par le chemin de fer, qui continue ensuite sur Paris par Châteaudun, Voves et Dourdan. Toutefois, si Vendôme est un point stratégique, il présente comme position à défendre contre une attaque venant de Blois , de grandes difficultés et de grands inconvénients. En effet, la ville, presque tout entière sur la rive gauche du Loir, est dominée de très-près par des escarpements au haut desquels on arrive, par une route en lacet, dans le faubourg du Temple , pour déboucher sur un plateau que traversent celles de Château-Renault et de Blois, qui s'y réunissent. Des hauteurs de la rive droite, si l'on cherche à découvrir ce terrain , il faut se placer à une trop grande distance pour le protéger par des feux d'artillerie, ce qui oblige à défendre la ville sur le plateau même, en se portant assez loin en avant pour ne pas être dominé par les mamelons qui commandent au sud le village de Sainte- Anne. On se trouve ainsi entraîné à un grand développement de forces qui offre le danger d'une retraite difficile si l'on est contraint à l'opérer, les troupes engagées sur la rive gauche devant forcément se replier par les rampes qui conduisent dans la ville , par les ponts sur les deux bras de la rivière, et par les rues étroites et tortueuses qui y aboutissent. Jusqu'à ce moment, les préoccupations du comité chargé d'organiser la défense de Vendôme, avaient été de parer à une attaque par le Perche et par les deux rives du cours supérieur du Loir. Les quelques travaux qui avaient été exécutés et qui se trouvaient principalement en avant de Moncé, sur les hauteurs d'Azay, de Touche-Belle, de Bel-Air, de la Touche, de Bel-Essort et

au château de Meslay, n'étaient donc d'aucune utilité réelle contre le danger qui allait se présenter du côté de Blois. De tous ces travaux , à peine ébauchés du reste , les seuls utilisables étaient ceux de Bel-Essort, d'où l'on pouvait battre la grande route d'Oucques à Vendôme , par Villetrun et Goulommiers , pour en interdire l'accès dans le ravin escarpé de la Houzée , où l'ennemi pouvait chercher à pénétrer pour tourner les défenses du plateau de Sainte-Anne.

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