APPROVISIONNEMENTS
Les munitions demandées à Bordeaux depuis quelques jours déjà ne tardèrent pas à arriver; dès le 15, elles purent être complétées dans tous les bataillons et les batte-
ries. Enfin, grâce à la prévoyance de l'intendant général Bouché, parfaitement secondé par les intendants Brou, Coste,dela Glievardière delaGrandville,desl6% 17'et2P corps , ainsi que par tout le personnel administratif, dont l'activité pendant toute cette campagne mérite des éloges, les vivres arrivèrent constamment en quantité suffisante, les distributions purent se faire exactement, et les convois divisionnaires portèrent toujours une réserve variant entre trois et six jours de vivres. Il est bon de faire ici justice des attaques imméritées dont l'administration de la deuxième armée a pu être l'objet de la part de certaines gens qui ne jugeaient que d'après les plaintes qu'ils entendaient, sans en vérifier l'exactitude. Ces plaintes partaient, pour la plupart du temps , d'hommes débandés qui , fuyant le champ de bataille, ne se trouvaient pas à leur corps au moment des distributions, préférant courir le pays, stimuler la charité publique par le récit de misères qu'il leur eût été possible d'atténuer, tout au moins, en restant à leurs rangs, et s'imposer parfois dans les fermes et les maisons isolées, pour les habitants desquelles ils étaient devenus un objet de crainte malheureusement justifiée. Nous affirmons donc que les vivres n'ont jamais manqué pendant les quatre mois qu'a duré cette campagne, malgré les difficultés de toute nature pour se les procurer, les faire aboutir et les transporter. Si quelques distributions n'ont pu avoir lieu exactement, cela a toujours tenu aux circonstances qui retardèrent la marche des convois dans des chemins souvent impraticables, ou qui forcèrent les troupes à se battre et à marcher jusqu'au soir sans un moment de répit. Ajoutons enfin, pour dire toute la vérité, que dans un grand nombre de régiments nouveaux, surtout dans ceux de la garde mobile , les officiers n'apportaient pas à cette partie si importante de leur service la surveillance qui eût été nécessaire, et que beaucoup d'hommes, la dis-