‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 128 sur 345 · PREMIER COMBAT DE MORÉE · texte numérisé non relu

PREMIER COMBAT DE MORÉE

Le 14 décembre, soit que Tennemi eût pu dérober sa marche aux reconnaissances des 17® et 2 P corps, soit que ces reconnaissances n'eussent pas été faites assez loin ou avec assez de soin , des colonnes apparurent dès le matin sur le front du 2P corps, menacèrent Morée, et attaquèrent Fréteval. Le général Rousseau se porta immédiatement sur Saint'Hilaire, passa le Loir avec une partie des troupes de sa division, et marcha sur Morée. Un instant, l'artillerie allemande établie sur les hauteurs le força à reculer, mais la nôtre put enfin prendre de bonnes positions et tenir tête à l'ennemi, ce qui nous permit de nous reporter en avant, de continuer le combat jusqu'à la nui( et de bivouaquer sur la rive gauche. Le général Rousseau télégraphiait vers trois heures du soir :

1 Voir à la note lies dépêches télégraphiques 385 et 393, la réponse du f^énéral commandant la division de Tours, et les télégrammes du ministre de la guerre.

« Le combat paraît tourner autour de Fréteval ; les bat- » teries ennemies qui tiraient par la route de Morée à » Binas ont cessé leurs feux. Je fais avancer deux batail- » Ions par les vignes et les villages qui bordent la crête sur » la rive gauche de la vallée , pour rabattre sur la droite w de l'ennemi. Mes deux batteries avec deux bataillons sou- » tiennent l'attaque sur notre droite, route de Vendôme. » Je dispose encore de trois bataillons; rien ne périclite. M J'ai fait placer mon convoi et ma cavalerie sur la route » de Ghauvigny. «

COMBAT DE FRETEVAL.

L'action était plus sérieuse sur le front de la 3^ division. Le général Guillon, qui la commandait, ayant rappelé à ïui sa 1" brigade, n'avait plus dans Fréteval qu'un bataillon de marins , lorsqu'au jour ce point fut attaqué par de fortes colonnes arrivant à la fois par les routes d'Oucques et de Morée. Les marins furent obligés d'abandonner la position et ne purent la reprendre , malgré les efforts les plus énergiques et l'aide que leur apportèrent leur 2' bataillon et une batterie envoyés à leur secours. Une division bavaroise, profitant de la situation dominante de coteaux qui commandent la vallée, et des bois qui couvrent tout le terrain jusqu'au village , avait pu ainsi arriver jusqu'au pont et occuper Fréteval , la gare seule restant encore en notre possession.

Le général Jaurès, qui s'était porté sur le champ de bataille, comprenant toute l'importance de Fréteval, prescrivit vers le soir un nouvel effort pour le reprendre. Le colonel du Temple ', commandant la 2^ brigade, fut

^ M. le capitaine de frégate du Temple avait été mis, sur sa demande, à la disposition du ministre de la guerre, qui lui avait confié une brigade du 21« corps avec le titre de colonel et plus tard de général au titre auxiliaire.

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