‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 136 sur 345 · LIVRE TROISIEME. — VENDOME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. — VENDOME

darmes à pied et le régiment de l'Isère à sa gauche, le 62^ de marche à sa droite, les 39^ et 32^ de marche et le 1 6^ bataillon de chasseurs à pied en avant du château de la Chaise, avec une batterie de 4? placée derrière des épaulements à peine ébauchés. Le reste de l'artillerie prit position , les mitrailleuses et trois batteries en avant du Temple, battant le plateau, une section de 4 sur la route mênie de Blois , pour l'enfiler dans toute sa longueur jusqu'à la crête à hauteur de Villemalin , et enfin , à l'extrême gauche , six pièces de 4 fouillant le ravin de la Houzée et le bois de Pézery.

Le commandant en chef, qui revenait de visiter les positions sur la rive droite du Loir , arrivait à deux heures sur le plateau du Temple , au moment où l'action commençait à devenir sérieuse. L'ennemi avait été assez long à mettre ses pièces en batterie, par suite des difficultés qu'il avait à les dégager de la grande route, et à les mouvoir dans un terrain détrempé par les pluies incessantes et la neige. Il avait commencé par déployer ses colonnes du côté de Sainte-Anne , et cherchait à s'avancer à la faveur des bouquets de bois qui couvrent cette partie de la plaine , tandis que d'autres bataillons se glissaient dans le bois de la Barbe.

D'autres colonnes apparaissaient en même temps en avant de Rocé et de Villetrun : c'étaient évidemment celles qui arrivaient de Frète val. Des ordres furent donnés au 1 7® corps pour appuyer de suite les deux bataillons et la batterie établie à Bel-Essort.

Devant les troupes de l'amiral, l'ennemi, reçu par le feu bien nourri de nos tirailleurs et criblé par nos mitrailleuses, ne put continuer sa marche en avant. Il essaya alors , en s'étendant sur sa gauche , d'occuper la route de Tours et de déborder notre droite; cet effort avait été prévu ; le 37^ de marche avec le 7® bataillon de chas-

seurs, se portant sur le bois de la Guignetière, le contraignirent à reculer, malgré le feu de six batteries qu'il était parvenu à mettre en ligne. Ces pièces, placées au sommet • du plateau de Sainte-Anne , lancèrent avec beaucoup de précision quelques obus sur le Temple , et firent éprouver des pertes sérieuses à nos batteries, qui n*en continuèrent pas moins à riposter avec la plus grande énergie.

A ïanuit, les Alleinands voyant que leurs efforts pour nous refouler sur Vendôme restaient sans résultat, et qu'ils ne pouvaient enlever aucune de nos positions, se mirent en retraite , laissant une grande partie de leurs morts sur le terrain du combat. Nos pertes avaient été peu sensibles, excepté pour l'artillerie, qui avait souffert beaucoup plus que les autres corps. Notre aile droite coucha donc sur ses positions; la brigade Deplanque , qui vers le soir avait franchi le Loir sur le pont de Naveil pour venir soutenir le général Bourdillon et s'opposer au mouvement tournant que l'ennemi dessinait alors, s'établit également sur la rive gauche.

Les choses avaient moins bien tourné au delà de la Houzée. Les bataillons et la batterie qui occupaient les hauteurs de Bel-Essort, attaqués vigoureusement par de fortes colonnes , avaient dû reculer, malgré l'énergie du chef de bataillon Prudhomme , qui commandait sur ce point et qui ne céda le terrain qu'après avoir reçu plusieurs blessures dont un éclat d'obus à la tète. La brigade Paris, que le commandant du 17® corps avait portée de ce côté comme secours , était arrivée trop tard et n'avait pu qu'appuyer la retraite, qui s'était effectuée en bon ordre, sous la protection des batteries de la rive droite et par le pont de Meslay, qu'on avait brûlé après le passage des dernières troupes.

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