‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 139 sur 345 · LIVRE TROISIEME. — VENDOME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. — VENDOME

Dans l'après-midi du 15 :

« Des renseignements certains m'annoncent qu'une co- » lonne prussienne d'environ 20,000 hommes, précédée » d'une avant-garde de 3,000 hommes campée en avant » d'Herbault, doit occuper aujourd'hui les communes » suivantes : Lande, Françay, Herbault; ces déclarations )) sont affirmées par le maire de Françay. »

A sept heures du soir :

«Je sais, de source certaine, que l'ennemi est maître » de la route de Tours à Vendôme aux environs de cette » dernière ville. D'un autre côté, il opère en ce moment » un mouvement tournant d'Herbault sur Château-Renault, » pour nous couper de Montoire. Si je ne puis me replier » ni sur Vendôme ni sur Montoire, je vous demande ce » que je dois faire. »

Enfin à neuf heures du soir :

« L'ennemi a fait aujourd'hui une démonstration sur » Saint-Amand, et je crois être certain qu'il a fait filer une » colonne d'infanterie, artillerie et cavalerie, d'Herbault » sur Château-Renault. Je ne sais s'il y a eu combat de ce » côté, j'ai appris seulement qu'un capitaine du 36° de » marche, stationné àVillethion, avait été enlevé dans » l'après-midi : Ma dépêche précédente vous annonçait » déjà que les Prussiens interceptaient la route entre Saint- » Amand et Vendôme. Je suis donc tourné de ce côté; je » vais l'être du côté de Château-Renault et ensuite de » Montoire. Toute ma défense de Saint-Amand repose sur » la possession de la route de Tours à Vendôme, et cette » route ne m'appartient plus, puisqu'elle est à l'ennemi » sur mes deux flancs. Il est urgent de prendre un parti et » au plus vite. Je ne ferai rien sans vos ordres. Je m'at- » tends à être attaqué demain sur mon front et sur mon » flanc.

» Signé : Bahry. »

A ces diverses communications , le commandant en chef avait répondu , dès le matin du 15 :

« J'ai lieu de croire que vous n'avez pas grand monde » devant vous ; exigez que tous vos avant-postes tiennent » contre les uhlans. Votre mission est de couvrir le pays » entre Vendôme et la Loire ; vous n'auriez à vous replier » sur la rive droite du Loir que si l'armée se mettait en » retraite sur le Mans et quittait les positions qu'elle oc- )5 cupe actuellement. Je crains que vous n'ayez laissé trop » peu de monde à Château-Renault, où la présence du gé- » néral Maurandy pouvait être très-utile. »

Un peu p lustard :

« D'après le rapport des reconnaissances , il ne se diri- » gérait sur Saint- Amand que 7,000 ennemis et très-peu » d'artillerie ; l'effort principal paraît devoir être sur Ven- » dôme par la route de Blois. Exigez donc de tous vos » postes qu'ils tiennent, sans admettre qu'ils puissent se » replier. Quant à vous , n'abandonnez à aucun prix Saint- » Amand , et tâchez au contraire de surprendre l'ennemi )' dans son mouvement, s'il accentue de votre côté une » marche qui ne peut être qu'une démonstration. »

A huit heures du soir :

« L'ennemi à la fin de la journée a effectivement ac- » centué un mouvement en arrière de Sainte-Anne dans » la direction de Villerable. Faites-vous éclairer fortement » sur votre gauche , je compte encore que nous pourrons » tenir ici. Dans tous les cas, si vous appreniez, à n'en pas » douter , que vous êtes coupé de Vendôme , il vous res- » terait toujours une retraite facile sur Montoire, que je fais » garder, par Ambloy, Sassenières et un pays facile à » défendre entre les deux grands ravins qui sont à l'est et » à l'ouest de la forêt de Prunay. Là, en vous retirant » avec ordre, il vous serait toujours possible de maintenir

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