‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 170 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

» siég^e de Belfort, et offrira une masse compacte de " 110,000 hommes capable de couper les communica- " tions dans l'Est malgré tous les efforts de l'ennemi.

» La seule présence de cette armée ferait lever le siège « de toutes les places fortes du Nord , et permettrait au ') besoin de combiner, plus tard, une action avec le général » Faidherbe. En tout cas, nous aurons la certitude de » rompre définitivement la base de ravitaillement de » l'ennemi.

» Quant au 15® corps, séparé des 18'' et 20' corps, il a » pour mission essentielle de couvrir Bourges et Ne vers » en se retranchant dans les positions de Vierzon , et en » occupant fortement la forêt. S'il venait à être forcé dans » cette première position, il rentrerait dans Bourges, où il » formerait une imposante garnison en état d'arrêter la » marche de l'ennemi.

» A l'heure qu'il est, toutes ces dispositions sont prises, S) et demain, 28, au matin, tout le monde sera rendu à son j poste. Pendant la durée de cette campagne, les 18*, « 20% 24* corps, ainsi que les forces qui, sous lecomman- » dément du général de Pointe de Gevigny, couvrent » Nevers, sont placés sous le commandement suprême du » général Bourbaki.

» En ce qui touche l'armée du Nord et les opérations » du général Faidherbe, je n'ai que des détails trop vagues » pour qu'ils puissent devenir le sujet de conclusions pré- » cises. Nos communications viennent d'être rétablies avec » Lille et Arras où se trouve son quartier général, et je » lui demande des données détaillées que je m'empresserai » de vous transmettre aussitôt. La dernière dépêche du » général Faidherbe présente, au lendemain de la journée » (lu 21 décembre à Pont-de-Noyelles, ses troupes comme '» dans un excellent état, et prêtes à marcher.

'> En ce qui touche les pigeons, je ne demande pas

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» mieux que de faciliter, par tous les moyens, vos commu- » nications directes avec le général Trochu ; mais je dois » vous faire observer que les pigeons ne peuvent être gar- « dés et lancés que par des hommes aptes à ce service.

M En outre, pour que vos dépêches soient secrètes et » surtout bien développées, il est nécessaire d'user de la » réduction photographique d'Agron, qui vous permettra » de donner au gouverneur les détails les plus minutieux. M En conséquence , toutes les fois que vous aurez une » dépêche à lancer, vous n'aurez qu'à l'expédier à Bor- » deaux, où elle sera immédiatement préparée sur un M papier spécial , envoyée à Poitiers, et un pigeonnier se » rendra près de vous pour la lancer s'il y a lieu. J'ai » d'ailleurs donné à M. le chef d'escadrons Marois des » détails précis qu'il vous transmettra.

» Je vous applaudis de la sollicitude que vous apportez » à refaire vos hommes , éprouvés par de si glorieuses M luttes dont tout l'honneur vous revient. Je ne cesse de » presser l'envoi des choses par vous réclamées. Je compte )) bien que vous serez bientôt prêt, et qu'aussitôt que vous » aurez arrêté un plan d'opérations vous m'en donnerez » connaissance, et vous en poursuivrez l'exécution avec la M vigueur qui vous est habituelle. Je vous ferai adresser )» les renseignements les plus circonstanciés sur l'ennemi M par le bureau des reconnaissances.

» Vous avez décimé les Mecklembourgeois ; les Bavarois » n'existent plus; le reste de l'armée est déjà envahi par » l'inquiétude et la lassitude. Persistons, et nous renver- » rons ces hordes, hors du sol, les mains vides.

» Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments d'esn time.

M Signé : Léon Gambetta. »

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