‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 171 sur 345 · SUR PARIS · texte numérisé non relu

SUR PARIS

Cette lettre ne contenant que des appréciations et des renseignements qui lui paraissaient insuffisants sur une situation qu'il importait de définir exactement, parce qu'il devenait de plus en plus urgent d'y parer, le général en chef adressa le 30 décembre, au ministre de la guerre, le télégranime chiffré suivant :

« Je vous remercie des renseignements que vous me » donnez sur les opérations que va entreprendre le général » Bourbaki. J'attends avec impatience de savoir que son yy mouvement se dessine, et quelles forces ennemies seront » détachées contre lui. Je désirerais aussi vivement être » renseigné sur la situation actuelle et le plan futur du » général Faidherbe.

» Notre plus grande chance de réussite doit résider dans )) la combinaison de nos mouvements, dans la coopération » simultanée des trois armées au même but, dans un même » effort fait au même moment. Sans cela nous nous expo- » sons à voir échouer successivement des forces qui, bien » dirigées, pourraient triompher. Je vous demanderai » donc instamment de me tenir, à cet égard, aussi ren- » seigné qu'il vous sera possible de le faire ^

» Quant à moi, mon rôle, dans la situation actuelle, est 5) nettement tracé : dès que j'aurai achevé ma réorganisa- » tion que je presse par tous les moyens en mon pouvoir, » que je me serai rendu un compte exact de ce qui se ») passe dans l'armée de la Loire, et que je saurai ce que » peuvent tenter sur mes derrières les forces ennemies qui » s'y trouvent, dans le cas où tel serait leur but, je marchen rai sur Paris.

» La base d'opération d'où je partirai sera la Sarthe,

» et la ligne ferrée du Mans à Alençon. La nouvelle base " sur laquelle je marcherai sera l'Eure, probablement de » Dreux à Chartres. Là, j'apprécierai, d'après la situation, " si je veux continuer ma marche sur Paris ou si je trouve ry plus avantageux d'investir, dans cette position, l'armée n assiégeante. C'est alors que je vous demanderai de m'envoyer un pigeonnier pour me mettre en rapport avec le général Trochu, à qui j'aurai à demander un suprême effort. '

» Dans cette position , éloigné comme je le suis des armées du Nord et de l'Est, il me faut à tout prix assurer mes communications avec ma base d'opération et ma ligne de retraite. C'est pourquoi je vous ai demandé de me faire connaître quelles troupes je pourrai tirer de l'Ouest pour couvrir la ligne du Mans à Alençon , et même du Mans à Tours.

» Des concentrations de troupes, dont je ne suis nullement informé, se font sur divers points de Normandie, notamment à Cherbourg. J'ignore dans quel but. Il importe en ce moment que rien ne soit distrait de mes • forces vives ; il faut de plus que je puisse faire garder mes derrières par tout ce qu'il y a de disponible en arrière de moi. Dès que, fixé sur la situation , j'aurai arrêté mes dispositions, je vous les ferai connaître. D'ici là je compte sur tous les renseignements que vous pourrez me fournir, et sur la faculté de disposer des forces derrière moi. »

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