LIVRE QUATRIÈME.— LE MANS. S^iT
» sommes généralement peu exactement renseignés sur » ses grands mouvements, qu'il cache avec beaucoup » d'art par des rideaux de troupes, et le seul moyen de » déjouer des combinaisons qui lui ont si souvent réussi » jusqu'ici, est de le menacer à notre tour sur tous les » points à la fois, le forçant ainsi à faire face de tous les M côtés, et à ne plus présenter sur un point des masses » avec lesquelles il cherche à nous écraser partiellement. » Il me paraît indispensable que la première, la deuxième » armée, et celle aux ordres du général Faidherbe, se met- » tant en marche en même temps ; la deuxième armée, du » Mans, pour venir s'établir sur l'Eure entre Évreux et » Chartres , couvrant sa base et ses lignes d'opération qui » sont la Bretagne et les lignes ferrées d'Alençon à Dreux ' et du Mans à Chartres; la première armée, de Châtillon- 1) sur-Seine, pour venir s'établir entre la Marne et la Seine, » de Nogent à Château-Thierry, prenant sa base et ses » lignes d'opération sur la Bourgogne, la Seine, l'Aube et » la Marne; l'armée du Nord, d'Arras, pour venir s'établir » de Gompiègne à Beauvais , avec sa base d'opération sur » les places du Nord, et sa ligne principale par le chemin " de fer de Paris à Lille.
» Outre ces trois opérations principales, et pour y con- » courir, les forces de Cherbourg s'avanceraient, le long » du chemin de fer de Caen, jusque sur la gauche de la » deuxième armée, ayant toujours leurs lignes de retraite » assurées sur Carentan.
» Les forces réunies en Bretagne et sur le cours infé- » rieur de la Loire, occupant fortement la Sarthe, d'Alen- :» çon au Mans et le Perche jusqu'au Loir, pour assurer » les derrières de la deuxième armée. Les corps francs de » Cathelineau, Lipouski, en arrière du Loir et de Château- » dun, pour couvrir l'aile droite de cette même armée et » observer les troupes ennemies de la vallée de la Loire ; le
î:48 la deuxième armée de la LOIRE.
w 15* corps, sans découvrir Bourges, entre le Cher et la » Loire, pour tenir en échec, en menaçant successivement » Blois, Orléans et Gien, le corps ennemi sur la Loire, et. - » dans le cas où l'/gnuemi se replierait, se portant résolû- » ment sur Étampes.
» Enfin l'armée de Lyon, remplacée sur ses positions » actuelles par ce qu'on peut tirer du Midi, tenant en > échec, avec les forces de Garibaldi et les corps qui se y trouvent dans l'Est, l'armée de Werder.
» Nos trois principales armées une fois sur les positions » indiquées, se mettre en communication avec Paris et )' combiner dès lors les efforts de chaque jour pour se rap- » procher de l'objectif commun, avec des sorties vigou- » reuses de l'armée de Paris, de façon à obliger les troupes w ennemies d'investissement à se maintenir tout entières » dans leurs lignes. Le résultat sera dès lors dans le succès » d'une des attaques extérieures, et si ce succès est obtenu, » si l'investissement peut être rompu sur un point, un ra- » vitaillement de Paris peut devenir possible, Tennemi » peut être refoulé et contraint d'abandonner une partie » de ses lignes, et de nouveaux efforts, combinés entre les » armées de l'extérieur et de l'intérieur, peuvent dans la M lutte suprême aboutir à la délivrance.
» Je viens d'exposer mes idées au point de vue de Ten- » semble des opérations; il me reste à indiquer la marche » de l'armée que je commande. Il faut avec les troupes M qui la composent, et en présence des forces qui nous sont » opposées, marcher lentement; les corps toujours prêts à » combattre et assez rapprochés les uns des autres pour » se prêter un mutuel appui, sans accepter les combats » partiels que l'ennemi, en manœuvrant, pourrait tenter » sur un point de la ligne.
M C'est grâce à cet ordre de marche et de bataille que n la deuxième armée a pu opérer sa retraite le long de la