‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 174 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS. 2V · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS. 2V

» Loire et sur le Mans, combattre, sans être entamée, suc- » cessivementsur les lignes prises par elle à Josneset à Ven- » dôme, et présenter ainsi à l'ennemi des forces capables )) de lui résister. Il faut du Mans à Chartres huit jours. Le ') but, après cette première marche, serait de s'établir sur » l'Eure en attaquant les lignes ennemies dans les parties » reconnues les plus faibles , tournant Chartres qui est un » des principaux points de résistance, si cela est néces- « saire, et cherchant, si le succès le permet, à couper l'en- » nemi sur ses lignes de retraite sur Étampes ou au delà » de l'Eure.

M Si ce plan est adopté, je puis l'entreprendre pour » ce qui me concerne dès que le moment sera fixé (et M j'insiste pour que ce soit aussitôt que possible), avec » 120,000 hommes, sans compter les différentes troupes » que je laisserai, conjointement avec celles tirées de Bre- » ta^ne, sur les positions que je quitte et qu'il est indis- » pensable de protéger et de conserver.

» Il me tarde d'être fixé et d'agir. En attendant, je fais » tâter l'ennemi dans toutes les directions sur le Loir et » sur l'Huisne, menaçant à la fois Vendôme et par suite » Blois et Orléans, et Chartres par Nogentpar des démons- » trations sur Ghâteaudun.

» Telles sont, Monsieur le ministre, les propositions que » j'ai l'honneur de vous soumettre. Nous ferons tous notre » devoir, et j'ai confiance dans le succès, si nous le cher » chons non plus dans des opérations décousues qui nous » ont été si fatales jusqu'ici, mais dans un plan définitive- » ment arrêté et rigoureusement suivi.

» Veuillez agréer, etc.

» Le général en chef, » Signé : Chan7Y. »

250 i.A DEUXIÈME A.RMÉE DE LA LOIKR

Le commandant de Boisdeffre rentrait le G janvier au Mans, rapportant la réponse suivante :

INSTRUCTIONS DU MINISTRE DE LA GUERnE.

ti Bordeaux, le 5 janvier 1S71,

» Géne'ral,

» Je réponds à votre lettre du 2 janvier courant, relative » à votre plan de campagne tendant à débloquer Paris.

» Nous avons examiné ce plan avec l'attention la plus » scrupuleuse. Il se rapproche sensiblement de celui que » nous avions conçu nous-mêmes. Il s'en écarte toutefois » par un point, la direction suivie par le général Bourbaki. » En effet, au lieu de faire marcher ce général sur Ghâ- » tillon-sur-Seine et Bar-le-Duc', nous avons jugé plus 1) avantageux de le faire opérer dans l'extrême Est, de » manière à amener la levée du siège de Belfort, à occuper î> les Vosges et à couper les lignes ferrées venant de l'Al- » lemagne. Cette action nous semble à la fois plus sûre et )) plus menaçante que celle que vous avez en vue. Actuel- » lement Bourbaki est près de Vesoul, et vers le 10 ou le « 12 nous pensons que le siège sera levé. A partir de là » commencera la grande marche sur les Vosges et la pé- » riode la plus active des opérations. A la tête de ses » 150,000 hommes, Bourbaki se retournera vers Paris et ij avancera dans cette direction, de Test à l'ouest, en occu- » pant simultanément, autant que possible, les deux lignes >; ferrées de Strasbourg et de Metz.

» C'est à ce moment aussi, c'est-à-dire du 12 au 15 V courant, que devra commencer, selon nous, votre marche M sur Paris par les points que vous avez choisis. Pour pré- » parer votre action et l'appuyer, nous formons depuis

* Probablement l>ar-sur-Seine,

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